Douleurs ligamentaires pendant la grossesse : comprendre et soulager

Les douleurs ligamentaires font partie des maux fréquents lors de la grossesse et touchent environ 80% des femmes enceintes[1], notamment lors du deuxième trimestre. Généralement bénignes, elles sont la majorité du temps liées aux changements hormonaux et à l’étirement des ligaments ronds qui soutiennent l’utérus en raison de sa croissance. 

Comment reconnaître les douleurs ligamentaires et les différencier des crampes ? Existe-t-il des moyens de les soulager ? A quel moment faut-il consulter ? Nous vous aidons à y voir plus clair pour une grossesse en toute sérénité.

Cet article a pour objectif de vous informer mais ne remplace pas un avis médical. Au moindre doute, prenez RDV rapidement auprès d'un professionnel de santé.

​​EN BREF

  • Les douleurs ligamentaires sont fréquentes lors de la grossesse et la majorité du temps sans gravité.

  • Elles s’expliquent par les modifications hormonales de la grossesse et par la croissance de l’utérus, qui entraîne un étirement des ligaments ronds.

  • Quelques gestes simples permettent généralement de les soulager.

  • En cas de doute ou de symptômes associés (douleurs importantes et persistantes, saignements, perte de liquide, fièvre ou malaise), prenez un avis médical sans attendre.

Que sont les douleurs ligamentaires pendant la grossesse ?

Les douleurs ligamentaires, à ne pas confondre avec les crampes ou les contractions, sont l’un des maux fréquents de la grossesse, puisqu’elles concernent près de 80% des femmes enceintes[1].

Elles se manifestent par une sensation d’étirement ou de tiraillement (parfois douloureux) et surviennent surtout lors d’un effort physique (marche, station debout prolongée), de changements brusques de position[2] ou encore en cas de toux, d’éternuements ou de rire.

Généralement sans gravité (ni pour vous ni pour le bébé), ces douleurs sont la plupart du temps liées aux modifications hormonales de la grossesse et à l’étirement des ligaments qui soutiennent l’utérus à mesure qu’il grandit.[3] 

Qu’est-ce qui cause les douleurs pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, les douleurs ligamentaires peuvent avoir plusieurs origines et venir :

  • Des changements hormonaux : les variations de taux d’œstrogènes et de progestérone ainsi que l’augmentation de relaxine (hormone qui facilite l'assouplissement des tissus pour préparer le passage du bébé lors de l’accouchement) vont avoir des effets sur la mobilité des articulations. Ces modifications peuvent être responsables d’inconfort ou de douleurs[3].

  • De la croissance de l’utérus : au fil des semaines de grossesse, les ligaments qui soutiennent l’utérus (appelés ligaments ronds) vont s’étirer progressivement pour accompagner sa croissance. De ce fait, ils vont tirer sur les fibres nerveuses et autres structures sensibles se trouvant à proximité, ce qui va entraîner une gêne voire une douleur dans la région pelvienne[3].

Quels sont les symptômes associés aux douleurs ligamentaires ?

Les douleurs ligamentaires peuvent se manifester par un inconfort, des tiraillements ou des picotements voire des douleurs[3]

Celles-ci peuvent être situées au niveau[3] :

  • de l’aine,
  • du bas du ventre ;
  • du côté de l’abdomen,
  • du bas du dos,
  • du haut des cuisses (pouvant aller jusque dans les jambes).

Les douleurs peuvent être ressenties sous la forme d’une douleur vive mais brève, ou, au contraire de manière diffuse et lancinante[3]. Certaines femmes parlent même de « décharges électriques ».

Comment peut-on soulager ces douleurs ?

D’un point de vue médical, il n’existe pas de traitements médicamenteux spécifiques pour calmer les douleurs ligamentaires chez la femme enceinte.

Plusieurs méthodes peuvent cependant les soulager pendant la grossesse.

Appliquer une source de chaleur

Prendre un bain tiède[3] ou appliquer une source de chaleur douce (comme une bouillotte enveloppée dans un linge) sur la zone douloureuse peut avoir un effet apaisant[1]. En effet, la chaleur favorise la détente des muscles et des tissus environnants, ce qui peut aider à diminuer les tensions ressenties.

Pratiquer la bascule du bassin

Mettre le bassin dans l’axe, en « décambrant le dos » peut limiter la tension dans les ligaments[4]. Vous pouvez essayer cette posture que vous soyez debout, assise, allongée ou encore installée sur un ballon de grossesse. 

Se reposer et trouver une bonne position

Les douleurs ligamentaires sont accentuées par la station debout prolongée ou la marche[5]. Se reposer permet de détendre le corps. Il est important de trouver une position qui vous convienne[3]. Une des positions souvent recommandée pour soulager les douleurs est de  s’allonger sur le côté gauche et de ramener les genoux vers la poitrine[3], avec éventuellement un coussin d’allaitement entre les jambes.

Pratiquer des étirements et des activités physiques douces

Sauf contre-indication médicale, pratiquer une activité physique douce (telle que la marche,  le yoga prénatal, le pilates, la natation) ou des étirements adaptés peuvent soulager les douleurs.

Avoir une alimentation et une hydratation adaptées

Bien que les douleurs ligamentaires soient principalement liées aux changements mécaniques de la grossesse, une bonne hygiène de vie contribue au confort général et aide l’organisme à mieux s’adapter à ces transformations. Veillez notamment à : 

- Avoir une hydratation suffisante[4] : boire régulièrement de l’eau permet de maintenir un bon équilibre hydrique et participe au bon fonctionnement des muscles et des tissus de l’organisme. Une hydratation adaptée est particulièrement importante pendant la grossesse.

- Privilégier des aliments qui contiennent du magnésium et du calcium : ces minéraux jouent un rôle essentiel, en effet, ils contribuent à une fonction musculaire normale et au maintien d’une ossature normale. Ils ne soulagent pas directement les douleurs ligamentaires, mais des apports suffisants, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée, contribuent au maintien d’un bon état général[5]

Adapter ses activités quotidiennes

- Éviter de porter des charges lourdes : porter les aînés, des packs d’eau ou déplacer des meubles sollicitent beaucoup la sangle abdominale et créent une pression importante sur les ligaments utérins. Déléguez ces tâches dès que possible.

- Répartir les charges : si vous devez porter des sacs de course, essayez de répartir équitablement le poids entre les deux côtés afin de limiter les déséquilibres posturaux et les tensions au niveau du dos et du bassin.

- Limiter les mouvements brusques : les changements rapides de position peuvent mettre les ligaments en tension. Que ce soit pour vous tourner dans le lit ou pour sortir d’une voiture, pensez à garder vos genoux serrés l’un contre l’autre pour pivoter tout votre corps d’un seul bloc.

- Adapter ses chaussures : privilégiez des chaussures plates ou des talons très légers (2-3 cm maximum). Les talons hauts accentuent la cambrure du dos et projettent l’utérus vers l’avant, ce qui étire excessivement les ligaments.  

Autres méthodes pour soulager les douleurs ligamentaires

D’autres méthodes, telles que des séances avec un kinésithérapeute ou un ostéopathe, l’acupuncture, l’homéopathie[6] ou encore la sophrologie peuvent apporter un soulagement. Prenez l’avis de votre médecin habituel avant de les solliciter.

Enfin, les ceintures de grossesse peuvent apporter un soutien du ventre et du bassin lors des activités quotidiennes, notamment pendant la marche ou la station debout. En réduisant certaines contraintes mécaniques, elles peuvent contribuer à diminuer l’inconfort ressenti. Renseignez-vous auprès d’un professionnel de santé (sage-femme, médecin ou kinésithérapeute), qui pourra vous orienter vers un dispositif adapté si nécessaire. 

A quel moment faut-il consulter un médecin ?

Si les douleurs ligamentaires sont fréquentes pendant la grossesse et généralement sans gravité, un avis médical est nécessaire en cas de[3] :

  • Douleurs importantes, persistantes ou inhabituelles,
  • Saignements vaginaux (qu’ils soient légers ou abondants) ou pertes anormales de liquide (qui pourrait évoquer une fissure de la poche des eaux),
  • Fièvre,
  • Malaise, vertiges, évanouissement, 
  • Sensations de brûlure ou douleurs lors de la miction (lorsque vous urinez),
  • Contractions régulières, rapprochées et/ou douloureuses avant le terme prévu.

En cas de doute ou de signes d’alerte, n’attendez pas pour consulter une sage-femme ou un médecin (gynécologue, médecin généraliste).

Douleurs ligamentaires pendant la grossesse : questions fréquentes

Quel est le principal symptôme d'une douleur ligamentaire ?

Les douleurs ligamentaires sont habituellement localisées (au niveau de l’aine, du bas du ventre, du côté de l’abdomen, du bas du dos ou du haut des cuisses), de courte durée et apparaissent généralement lors d'un mouvement ou d'un changement de position[2]

Comment faire la différence entre des douleurs ligamentaires et de vraies contractions ?

Les douleurs ligamentaires surviennent généralement lors d’un effort physique ou d’un changement de posture (passage de la position assise à la position debout, mouvement dans le lit, etc.). Elles se manifestent par des tiraillements ou de légères douleurs dans le bas du ventre, sur les côtés de l’abdomen ou au niveau de l’aine.

Les contractions utérines, elles, sont liées à la contraction de l’utérus qui entraîne un durcissement intermittent du ventre (qui reste souple lors des douleurs ligamentaires[5]). Elles surviennent de manière irrégulière tout au long de la grossesse (contractions de Braxton Hicks) ou de manière plus régulière et douloureuse, en début de travail[2].

Que puis-je faire pour soulager une douleur ligamentaire quand je suis enceinte ?

S’il n’existe pas de traitement spécifique pour soulager les douleurs ligamentaires, certaines méthodes simples peuvent être efficaces. Vous pouvez ainsi essayer de vous reposer, trouver une position confortable, appliquer une source de chaleur douce (comme une bouillotte enveloppée dans un linge) ou pratiquer une activité physique douce ou des étirements adaptés. De plus, certaines approches complémentaires (ostéopathie, sophrologie, etc.) peuvent s’avérer pertinentes. Demandez conseil à un professionnel de santé. 

[1]Douleur ligamentaire de grossesse : comment la reconnaître et la soulager ? | Elsan

[2]https://www.inspq.qc.ca/mieux-vivre/grossesse/sante-securite/problemes-sante/signaux-d-alarme#contractions 

[3]« Votre grossesse jour après jour», sous la direction du Sr Maggie Blott, Edition Larousse, Quatrième Édition, 495 pages. 

[4] EFSA. Dietary Reference Values for Water.

[5] La maison des maternelles, comment reconnaître les douleurs ligamentaires ?

[6] « Le Grand Livre de ma grossesse » par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens, Bernard Hédon, Editions Eyrolles, Nouvelle édition, 495 pages.

 

Le lait maternel est ce qu’il y a de mieux et apporte tous les bienfaits dont votre bébé a besoin pour bien grandir. C’est pourquoi nous soutenons la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé d’un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis d’un allaitement poursuivi en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus.

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