Mon bébé régurgite beaucoup. Comment le soulager ? Est-ce un RGO ?

Cet article a pour objectif de vous informer mais ne remplace pas un avis médical. Au moindre doute, prenez RDV rapidement auprès d'un professionnel de santé.

EN BREF

  • Les régurgitations touchent 60 à 70 % des bébés et sont, dans la grande majorité des cas, bénignes et sans danger pour l'enfant. 
  • Elles s’expliquent principalement par l’immaturité du sphincter inférieur de l’oesophage (le muscle situé entre l’oesophage et l’estomac), associée à une alimentation exclusivement liquide, au volume de lait ingéré par rapport à la petite capacité de l’estomac du nourrisson et au fait qu’il passe une grande partie de son temps en position allongée.
  • Un liquide clair régurgité peut correspondre à de la salive, à des sécrétions gastriques (sucs gastriques) ou à du lait fortement dilué par ces sécrétions. Un liquide blanchâtre correspond plus souvent à du lait partiellement digéré.
  • Elles apparaissent en général avant le deuxième mois et diminuent souvent vers l’âge d’un an, du fait de la maturation des mécanismes anti-reflux, de la diversification alimentaire et de l’acquisition de la position verticale. Un avis médical est recommandé en cas de signes inhabituels : mauvaise prise de poids, difficultés à s’alimenter, irritabilité lors de l’alimentation, pleurs persistants inhabituels, toux chronique ou traces de sang dans le lait régurgité, pouvant évoquer un reflux gastro-oesophagien (RGO) pathologique.

Vous constatez que votre bébé recrache une partie de son lait que ce soit juste après les repas ou non. Vous vous demandez donc ce qu’il lui arrive. Est-ce des régurgitations ? Cela est-il lié à un souci de santé ? Quand faut-il consulter votre médecin en cas de régurgitations ? Et surtout, comment soulager votre bébé ?

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Qu’est-ce qu’une régurgitation ?

Les régurgitations sont une remontée de lait contenu dans l’estomac jusque dans l’œsophage et/ou la bouche. Elles peuvent avoir lieu :

  • juste après le repas : ce sera alors du lait « frais », intact, sans odeur qui sera recraché ;
  • plus tard : le lait sera alors caillé, avec une odeur légèrement aigre.

Les régurgitations représentent un trouble digestif fréquent qui touche près de 60 à 70% des bébés. 

Les régurgitations constituent, pour bon nombre de parents, une source d’inquiétude et cela peut tout à fait se comprendre ! Si vous observez que votre bébé n’est pas gêné par ces régurgitations, qu’il ne fait pas de crise de pleurs incessants, que son sommeil est calme, qu’il se développe correctement (taille, poids,…), alors c’est probablement qu’il s’agit de régurgitations simples ou légères. Ces renvois sont le plus souvent physiologiques, ne nécessitent pas de traitement particulier et ne représentent pas de danger pour votre bébé ! 

Dans le cas où vous ressentez que ces régurgitations sont plus importantes (modérées à sévères), mieux vaut que  votre  enfant soit vu par votre professionnel de santé qui saura vous accompagner et prendre en charge efficacement ce trouble digestif.

Quelles sont les causes des régurgitations ?

Dans les premiers mois de vie, le système digestif de votre bébé est encore en cours de maturation. Son estomac, de petite capacité, doit progressivement s’adapter aux volumes de lait ingérés. À la naissance, l’estomac d’un nouveau-né ne peut contenir que quelques millilitres de lait (environ 5 à 7 ml, soit une taille comparable à celle d’une cerise). À une semaine, sa capacité augmente progressivement pour atteindre environ 45 à 60 ml (taille d’un abricot). Vers 1 mois, elle peut varier entre 80 et 150 ml (taille d’un gros œuf). Ainsi, le volume de lait ingéré peut être important au regard de la capacité encore limitée de son estomac.

De plus, les mécanismes qui empêchent naturellement les remontées de lait vers l’œsophage, notamment le sphincter inférieur de l'œsophage, continuent de se perfectionner au cours des premiers mois. Ces particularités expliquent pourquoi les régurgitations sont si fréquentes chez les nourrissons. Certaines positions après les repas et/ou une forte agitation peuvent également favoriser les remontées chez certains bébés.

Pour mieux comprendre, la forme de l’estomac peut être comparée à celle d’un ballon de baudruche. Lorsque votre nourrisson boit, son estomac se gonfle au fur et à mesure qu’il se remplit de lait. Si une pression s’exerce sur son estomac rempli, une petite quantité de lait peut naturellement remonter vers la bouche, comme lorsqu’un ballon rempli est légèrement comprimé. 

Pourquoi mon bébé régurgite un liquide clair comme de l'eau ?

Vous observez parfois que ce que régurgite votre bébé n'a pas la couleur blanche et opaque du lait, mais ressemble plutôt à un liquide clair, presque transparent. Rassurez-vous, ce phénomène est fréquent et correspond, la plupart du temps, à l'un des trois cas suivants.

Il peut d'abord s'agir tout simplement de salive[1]. Les nourrissons en produisent beaucoup au cours des premiers mois de vie et comme ils ne l’avalent pas encore toujours efficacement, il arrive qu’elle remonte à l’occasion d’un léger renvoi, donnant l’impression d’un liquide clair. Cette salivation peut être encore plus abondante lors des poussées dentaires.  

Ce liquide peut aussi être du lait déjà partiellement digéré[2]. Après avoir séjourné un moment dans l’estomac de votre bébé, l’aspect du lait peut changer : il peut devenir plus fluide, plus clair ou légèrement jaunâtre, ce qui peut surprendre.

Enfin, il peut s'agir de sucs gastriques[3], ces liquides naturellement sécrétés par l'estomac pour assurer la digestion. Leur remontée, en petite quantité, reste généralement sans gravité.

Pour distinguer une simple régurgitation d'un reflux gastro-oesophagien pathologique ou d’un vomissement, plusieurs éléments sont à observer[4] : le délai écoulé depuis le repas, l'effort fourni par votre bébé (une régurgitation survient sans effort, contrairement au vomissement, souvent précédé de contractions abdominales visibles), ainsi que la présence ou non de douleurs ou de pleurs associés. En l’absence d’effort, d’inconfort ou de symptômes associés, il s’agit le plus souvent d’une régurgitation physiologique et sans gravité.

Quand apparaissent et disparaissent les régurgitations ?

Ce trouble digestif, le plus souvent bénin, peut apparaître dès les premiers jours de vie. Les régurgitations sont très fréquentes chez le nourrisson : elles concernent environ 70 % des bébés âgés de 4 mois, mais ne touchent plus que 5 % des enfants entre 10 et 12 mois. Elles diminuent progressivement avec la maturation du système digestif, le développement des mécanismes anti-reflux, la diversification alimentaire (passage à une alimentation solide) et l'acquisition de la position verticale (lorsque l'enfant commence à s'asseoir puis à se mettre debout). Chaque enfant évoluant à son propre rythme, l'âge auquel les régurgitations disparaissent peut varier. 

 

Quand consulter un professionnel de santé ?

Dans la grande majorité des cas, les régurgitations du nourrisson sont bénignes. Toutefois, il est recommandé de consulter le médecin ou le pédiatre qui suit habituellement votre enfant lorsque les régurgitations s’accompagnent de symptômes gênants qui affectent son quotidien. Cette situation, plus rare, peut évoquer un reflux gastro-œsophagien pathologique dont les symptômes possibles sont des régurgitations persistantes ou excessives associés à un ou plusieurs des signes suivants :

  • des difficultés alimentaires, comme un refus de s’alimenter ;
  • un ralentissement de la prise de poids ou de la croissance,
  • des signes d’inconfort : pleurs persistants et inhabituels, irritabilité et agitation pendant ou après les repas,
  • des troubles du sommeil,
  • des traces de sang dans les régurgitations, pouvant évoquer une œsophagite (inflammation de la muqueuse de l’œsophage),
  • des manifestations respiratoires ou ORL, telles qu’une toux chronique, une respiration sifflante, une voix enrouée ou des laryngites à répétition.

Si votre enfant présente un ou plusieurs de ces signes, il est important de demander un avis médical. Ces symptômes ne sont pas spécifiques du reflux gastro-œsophagien pathologique et peuvent également être liés à d’autres affections, comme par exemple, une allergie aux protéines du lait de vache. Seul un professionnel de santé pourra poser un diagnostic et proposer une prise en charge adaptée. 

 

Allaitement maternel et régurgitations : que faire ?

Si votre bébé est allaité, maintenez votre allaitement. Le lait maternel est en effet l’aliment idéal du nourrisson durant les premiers mois de vie : il couvre l’ensemble de ses besoins nutritionnels et contribue à son confort digestif. D’après plusieurs études, les épisodes de reflux chez les nourrissons allaités seraient plus courts et mieux tolérés que chez les bébés nourris avec une préparation infantile. Cela s’explique par plusieurs facteurs :

  • une digestion plus rapide : le lait maternel quitte l’estomac plus rapidement qu’une préparation infantile, ce qui peut réduire la durée pendant laquelle les remontées peuvent se produire.
  • un pouvoir tampon physiologique : le lait maternel possède des propriétés tampon qui modifient temporairement l’acidité du contenu de l’estomac après la tétée, pouvant contribuer à rendre les épisodes de reflux moins irritants.
  • une composition unique: le lait maternel contient de nombreux composants naturels qui participent à la protection et à la maturation du tube digestif du nourrisson. 

Retrouvez des conseils pour mieux comprendre et identifier les troubles digestifs de votre bébé allaité.

Bébé nourri au biberon : quels conseils en cas de régurgitations ?

Le lait maternel reste l’aliment de référence pour le nourrisson. Si vous ne pouvez pas ou ne souhaitez pas allaiter et que votre bébé est nourri avec un lait infantile, veillez à la bonne préparation des biberons. Commencez par mettre l’eau avant la poudre. Puis ajoutez toujours 1 mesurette de lait rase pour 30mL d’eau. Veillez à ne jamais utiliser une mesurette provenant d’une autre boîte de lait (elles n’ont pas forcément la même contenance et le taux de reconstitution de la formule utilisée pourrait ne pas être correct).

Il est également important de bien respecter l’appétit de votre enfant, en évitant de le forcer à terminer un biberon ou en le suralimentant.

Si les régurgitations sont fréquentes ou semblent liées à des volumes importants pris en une seule fois, votre professionnel de santé pourra vous conseiller de fractionner les repas. Cela consiste à proposer des biberons plus fréquents, mais en plus petites quantités, tout en respectant les quantités journalières préconisées selon l’âge de votre bébé. 

Quelle formule choisir en cas de régurgitations ?

Dans le cas de régurgitations et si votre enfant n’est pas allaité, l’augmentation de la viscosité du lait consommé peut limiter la fréquence et le volume des régurgitations. Ainsi, le professionnel de santé qui suit votre bébé peut vous proposer :

  • De conserver votre formule actuelle et d’y ajouter :
    - des farines (de maïs, de tapioca…),
    - des épaississants tels que Magic mix®, Gumilk®, Gelopectose®.

  • D’utiliser une formule épaissie (souvent appelée « gest ») dans le cas de régurgitations légères (disponibles en grandes surfaces et en pharmacies) ou anti-régurgitations (AR) dans les cas de régurgitations modérées à sévères (disponibles en pharmacies). Ces formules simplifient la préparation des biberons puisqu’elles sont prêtes à l’emploi. Elles contiennent de l’amidon ou de la caroube. Un changement de transit peut être observé. N’hésitez donc pas à vous renseigner au préalable auprès du pharmacien qui vous délivrera la formule prescrite par votre professionnel de santé.

Limiter les régurgitations : conseils pratiques

Les régurgitations peuvent être réduites grâce à quelques conseils pratiques, faciles à mettre en place au quotidien.

1. Choisissez des vêtements adaptés

Pour favoriser le confort de votre bébé, privilégiez au quotidien des vêtements souples et amples qui ne compriment pas son ventre. Une pression excessive au niveau de l’abdomen peut augmenter son inconfort et, chez certains nourrissons, favoriser les régurgitations. Optez pour des pièces confortables et peu ajustées (grenouillères, pyjamas souples…). De même, veillez à ce que la couche soit bien adaptée à la taille de votre bébé et à ne pas trop la serrer afin d’éviter toute pression inutile sur son ventre. 

 

2. Veillez à l’ambiance lors de la prise du biberon

Privilégiez un environnement calme et serein au moment du biberon afin de favoriser une prise alimentaire apaisée. Un bébé détendu peut téter plus tranquillement et avaler moins d’air, ce qui peut contribuer à son confort digestif. Installez-vous dans une pièce paisible, en limitant les stimulations qui pourraient l’amener à s’agiter pendant le repas. Essayez également de rester détendu(e) et serein(e) pour que votre bébé le soit également. 

 

3. Adaptez les débits d’air et de lait

Pour éviter que votre enfant n’avale trop d’air, veillez à ce que la tétine soit toujours entièrement remplie de lait en maintenant le biberon suffisamment incliné (le bas du biberon légèrement relevé). Si vous observez du lait qui coule sur le côté de la bouche de votre bébé, s’il s’agite ou tousse, le débit est peut-être trop rapide. Dans ce cas, réduisez si possible la vitesse de la tétine (ou optez pour un modèle à débit plus lent), ou tenez le biberon légèrement plus à l’horizontale pour ralentir l’écoulement du lait, tout en veillant à ce que la tétine reste toujours remplie.

Pensez également à faire des pauses lors des tétées et à maintenir votre bébé en position verticale quelques minutes après le repas. Cela l’aidera à faire son rot et à libérer l’air accumulé dans son estomac. 

 

4. Adoptez la position verticale pendant et après les repas

Lors de la tétée ou de la prise du biberon, une position semi-verticale, avec la tête et le haut du corps légèrement relevés, favorise une prise alimentaire confortable.

Après le repas, pensez à le maintenir en position verticale pendant 20 à 30 minutes avant de le coucher.

Une écharpe de portage ou un porte-bébé physiologique peut être une solution pratique pour porter votre tout-petit facilement, le temps de permettre une bonne digestion. En revanche, les positions qui compriment son estomac, comme les transats, cosy ou siège-auto, sont à éviter. Au moment du coucher, votre bébé doit toujours être installé à plat dos, sans surélever sa tête : c’est la position recommandée pour prévenir la mort inattendue du nourrisson, même en cas de régurgitations. 

 

Retrouvez tous nos conseils d'expert pour soulager les régurgitations de bébé en format audio

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Le lait maternel est ce qu’il y a de mieux et apporte tous les bienfaits dont votre bébé a besoin pour bien grandir. C’est pourquoi nous soutenons la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé d’un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis d’un allaitement poursuivi en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus.

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