Le lait maternel est ce qu’il y a de mieux et apporte tous les bienfaits dont votre bébé a besoin pour bien grandir. C’est pourquoi nous soutenons la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé d’un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis d’un allaitement poursuivi en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus.

Difficultés et douleurs d’allaitement : solutions et accompagnement

Allaiter son bébé est souvent présenté comme un geste naturel, instinctif, presque évident. Pourtant, dans la réalité, l’allaitement maternel peut s’accompagner de difficultés et de douleurs, en particulier au cours des premières semaines[1]. Douleur à la tétée, mamelons sensibles, seins tendus ou sensations d’inconfort peuvent surprendre, inquiéter, voire décourager certaines mères. Ces situations sont fréquentes et concernent de nombreuses femmes, quels que soient leur âge, leur expérience ou leur projet d’allaitement.

Lorsque les douleurs persistent, s’intensifient ou deviennent difficiles à supporter, il est essentiel de ne pas rester seule. L’allaitement ne devrait pas être douloureux dans la durée[1] et il existe aujourd’hui de nombreuses solutions, des ajustements simples et un accompagnement adapté pour soulager la mère et préserver la relation d’allaitement avec son bébé. Comprendre les causes possibles de ces douleurs permet d’agir plus sereinement et de retrouver du confort.

Cette rubrique et tous les articles dédiés ont pour objectif de vous aider à mieux identifier les causes fréquentes des douleurs lors de l’allaitement, à découvrir des conseils pratiques pour les soulager et à savoir quand et vers qui se tourner pour être accompagnée. 

Cette page a pour objectif de vous informer mais ne remplace pas un avis médical. Au moindre doute, prenez rendez-vous rapidement auprès d'un professionnel de santé.

Quelles peuvent être les douleurs lors de l’allaitement ?

La montée de lait

La montée de lait, qui survient généralement quelques jours après la naissance, peut parfois être difficile à vivre. Les seins deviennent alors plus volumineux, chauds, tendus et parfois douloureux.

Les crevasses

Les crevasses se manifestent par des fissures, des rougeurs ou parfois de petites plaies au niveau du mamelon, rendant la tétée particulièrement douloureuse[3]. Ces douleurs peuvent survenir dès les premiers jours et s’intensifier si la cause n’est pas corrigée.

Le plus souvent, les crevasses sont liées à une prise du sein imparfaite ou à une succion inefficace. Une peau fragilisée, des tétées très fréquentes ou une humidité prolongée au niveau des mamelons peuvent également favoriser leur apparition[3]. Des solutions existent pour soulager la douleur, favoriser la cicatrisation et permettre de poursuivre l’allaitement dans de meilleures conditions. Lorsqu’elles persistent, un accompagnement est vivement recommandé.

L’engorgement et la mastite

Lorsque le lait s’accumule sans être suffisamment évacué lors des tétées, un ​engorgement peut apparaître[4]. Cette situation rend la succion plus compliquée pour bébé et peut accentuer l’inconfort maternel. Si l’engorgement n’est pas soulagé, il peut évoluer vers une mastite[4], une inflammation du sein qui s’accompagne souvent de douleurs importantes, de rougeur localisée et de fièvre. Ces situations nécessitent une attention particulière, car elles peuvent impacter la poursuite de l’allaitement et le bien-être de la mère[4]. Une prise en charge rapide permet le plus souvent d’éviter les complications et de retrouver un allaitement plus confortable.

 

Causes des douleurs lors de l’allaitement

Une mauvaise position

L’une des causes les plus fréquentes de douleur pendant l’allaitement est un positionnement inadapté de bébé au sein. Pour téter efficacement, le nourrisson doit ouvrir grand la bouche et prendre non seulement le mamelon, mais aussi une partie de l’aréole[2]. Lorsque la prise en bouche est insuffisante ou que bébé n’est pas correctement installé face au sein, la succion peut devenir superficielle. Cela entraîne alors des frottements répétés sur le mamelon[2], souvent responsables de douleurs, de sensations de pincement ou d’échauffement.

Une mauvaise position peut également empêcher un bon écoulement du lait maternel. Le sein n’étant pas vidé correctement, la mère peut ressentir une tension, une sensation de seins lourds ou douloureux après la tétée[2]. Ajuster la position, vérifier l’alignement de la tête et du corps de bébé, ainsi que la qualité de la succion, permet souvent de réduire rapidement ces douleurs et d’améliorer le confort des tétées.

Les variations de lactation

La production de lait joue également un rôle dans les douleurs ressenties lors de l’allaitement. Une lactation trop abondante peut provoquer une sensation de seins tendus, des fuites fréquentes et des tétées difficiles pour bébé, qui peut avoir du mal à gérer un débit trop important. À l’inverse, ​​une baisse de lactation peut générer du stress, des tétées prolongées et une succion plus intense, parfois source de douleurs au niveau des mamelons[5].

Ces variations de lactation sont fréquentes au cours des premières semaines et peuvent évoluer en fonction du rythme des tétées, de la fatigue maternelle ou de certains changements du quotidien[5]. Être accompagnée permet d’identifier la situation et de mettre en place des ajustements adaptés pour préserver à la fois le confort de la mère et les besoins du bébé.

 

Solutions et conseils pratiques pour soulager la douleur d’allaitement

Ajuster la position

La position d’allaitement joue un rôle central dans la prévention et le soulagement des douleurs. Un bébé correctement installé, bien face au sein, avec le corps aligné et proche de sa mère, tète plus efficacement et exerce une succion plus douce. Une bonne position favorise une prise en bouche large, incluant l’aréole, ce qui limite les frottements sur le mamelon et réduit le risque de douleurs ou de crevasses[2].

Soulager les douleurs au quotidien

En complément du travail sur la position et la succion, certains gestes simples peuvent contribuer à apaiser les douleurs d’allaitement. 

  • L’application de compresses chaudes avant la tétée peut aider à détendre le sein et faciliter l’écoulement du lait, tandis que celle de froid entre les tétées peut aider à soulager des seins congestionnés (engorgement, montée de lait)[6]. 
  • Appliquer quelques gouttes de lait maternel sur le mamelon après les tétées permet de profiter de ses vertus hydratantes, antiseptiques et cicatrisantes[6].
  • Le repos et l’hydratation jouent un rôle clé dans le bien-être global de la mère et dans le bon fonctionnement de la lactation[6]. Une fatigue importante ou un manque de récupération peuvent accentuer la perception de la douleur. 
  • Porter des vêtements confortables, adaptés à l’allaitement et non compressifs, permet aussi de limiter les frottements et les sensations d’inconfort au niveau des seins.

Le soutien du co-parent et de l’entourage est précieux. Partager les tâches du quotidien, s’accorder des temps de repos et accepter de se faire aider permet de préserver son énergie et de mieux vivre l’allaitement. 

Accessoires et aides à l’allaitement : à utiliser avec discernement

Certains accessoires d’allaitement peuvent s’avérer utiles pour soulager la douleur ou faciliter les tétées dans des situations spécifiques. Le coussin d’allaitement, par exemple, aide à mieux positionner le bébé et à soulager les tensions dans le dos, les épaules et les bras de la mère. Les bouts de sein ou le tire-lait peuvent également être envisagés dans certains cas, notamment en présence de crevasses importantes ou de difficultés de succion[7].

Cependant, ces solutions ne sont pas systématiques et gagnent à être utilisées avec l’avis d’un professionnel[7]. Un usage inadapté peut parfois masquer un problème de fond, comme une mauvaise prise du sein, sans le résoudre durablement[7]. Un accompagnement personnalisé permet d’intégrer ces outils de manière pertinente et sécurisée, dans le respect du confort de la mère et des besoins du bébé.

 

Les idées reçues à dépasser autour de la douleur de l’allaitement

L’allaitement est forcément douloureux

Si certaines sensations d’inconfort peuvent apparaître au début, notamment lors des premières tétées ou pendant la montée de lait, l’allaitement ne devrait pas être ​douloureux dans la durée[1]. Une douleur persistante au mamelon ou au sein est souvent le signe qu’un ajustement est nécessaire, que ce soit au niveau de la position, de la succion ou de la fréquence des tétées.

Allaiter fatigue et prend trop de temps

L’allaitement est parfois perçu comme une ​pratique épuisante, incompatible avec le rythme de vie moderne. Il est vrai que les premières semaines demandent une grande disponibilité, avec des tétées fréquentes et un ajustement constant aux besoins du bébé[1]. Cette période d’adaptation peut générer de la fatigue, surtout lorsqu’elle s’accompagne de douleurs ou de difficultés.

Cependant, cette perception mérite d’être nuancée. Avec le temps, l’allaitement s’installe, les tétées deviennent plus efficaces et le rythme se régule. Un allaitement bien accompagné, sans douleur, est souvent vécu comme plus fluide et moins contraignant[1]. 

Quand et pourquoi consulter un professionnel de l’allaitement ?

Lorsque les douleurs d’allaitement ne disparaissent pas malgré les ajustements mis en place, ou qu’elles deviennent de plus en plus difficiles à supporter, il est essentiel de ne pas rester seule face à la situation. Une douleur persistante au niveau des mamelons ou des seins, l’apparition de fièvre, de frissons ou de rougeurs localisées pouvant évoquer une mastite[4], une baisse de lactation durable ou encore un bébé qui semble avoir des difficultés à téter ou qui ne prend pas suffisamment de poids sont autant de signaux à prendre au sérieux. 

Dans ces cas, ​​consulter un professionnel permet de mieux comprendre l’origine du problème et d’éviter que la situation ne s’installe. Les sages-femmes, consultantes en lactation, médecins ou encore les associations d’aide à l’allaitement disposent des compétences nécessaires pour observer une tétée, évaluer la succion, ajuster la position et proposer des solutions personnalisées. 

Demander de l’aide ne signifie pas remettre en question ses capacités à allaiter, mais au contraire se donner les moyens de vivre l’allaitement plus sereinement, de soulager la douleur et de préserver le bien-être de la mère comme celui du bébé. 

L’​allaitement peut parfois s’accompagner de douleurs et de difficultés, en particulier lors des premières semaines, mais celles-ci ne sont ni une fatalité ni une obligation. Mieux comprendre les causes de la douleur d’allaitement permet de mettre en place des solutions adaptées et de retrouver progressivement du confort. Ajustements, soutien de l’entourage et accompagnement par des professionnels peuvent faire toute la différence. Chaque parcours d’allaitement est unique : s’informer, se faire aider et avancer à son rythme sont autant de clés pour vivre l’allaitement plus sereinement, dans le respect de ses besoins et de ceux de son bébé.

[1] Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. UFR des sciences de la santé Simone Veil. Département de Maïeutique. Douleur et allaitement, une fatalité ?

[2] 1000 Premiers Jours. Les positions d’allaitement.

[3] mpedia. Quand allaiter fait mal.

[4] Hôpital de La Tour. Mastite

[5] Université Frères Mentouri – Constantine 1. Physiologie de la lactation.

[6] mpedia. Prendre soin de ses seins pendant l’allaitement.

[7] La Leche League France. Le matériel autour de l’allaitement.

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