Accouchement par césarienne : ce qu’il faut savoir

L’accouchement par césarienne est un acte chirurgical, permettant la naissance d’un bébé lorsque l’accouchement par voies naturelles n’est pas possible. Elle concerne aujourd’hui en France environ 20% des naissances, soit 1 accouchement sur 5[1]. Selon les situations, elle peut être programmée, effectuée en cours de travail, ou pratiquée en urgence[2], si l’état de santé de la maman ou du bébé le nécessite.

Cette rubrique du site, avec de nombreux contenus détaillés disponibles, vise à vous guider et à vous aider à comprendre le déroulement, les implications et la récupération d’un accouchement par césarienne.

Cette page a pour objectif de vous informer mais ne remplace pas un avis médical. Au moindre doute, prenez rendez-vous rapidement auprès d'un professionnel de santé.

Qu’est-ce qu’un accouchement par césarienne ?

Définition et types de césariennes

La césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste en l’incision de l’abdomen et de l’utérus pour permettre la naissance d’un bébé[3].

Le recours à la césarienne est décidé lorsque les conditions, soit chez la mère, soit chez l’enfant, ne sont pas favorables à un accouchement par les voies naturelles. Elle peut être réalisée :

  • de manière programmée. Cela concerne environ un tiers des césariennes[4].
  • en cours de travail, après une tentative de faire naître le bébé par voie basse.
  • en urgence, pendant ou en-dehors du travail, si l’état de santé du bébé ou de la maman le nécessite.

Pourquoi une césarienne peut-elle être envisagée ?

Pourquoi avoir une césarienne programmée  ?

Dans certaines situations, la césarienne programmée est absolument nécessaire, dans d’autres, la décision est prise au cas par cas, en fonction de chaque situation. Parmi les motifs qui peuvent mener à une césarienne on retrouve :

Des raisons liées au bébé :

  • Présentation du siège (fesses en bas) ou présentation transverse (bébé allongé transversalement dans l’utérus de la maman),
  • Bébé dont le poids estimé est important,
  • Interruption de la croissance du bébé,
  • Grossesse multiple : jumeaux, triplés.

Des raisons liées à la mère :

  • Antécédent de césarienne,
  • Mauvais positionnement du placenta : insertion trop basse du placenta dans l’utérus (placenta prævia) ou insertion plus ou moins profonde dans le muscle utérin (placenta accreta, increta ou percreta),
  • Certaines pathologies maternelles (exemple : diabète mal équilibré),
  • Bassin trop étroit par rapport au poids fœtal estimé ou obstacle empêchant l’enfant de naître par voie basse (ex : certains fibromes),
  • Mamans porteuses de certains virus qui pourraient infecter le bébé lors d’un accouchement par les voies naturelles : herpès, HIV…

Certaines femmes émettent le souhait d’accoucher par césarienne. Il est alors primordial d’en discuter avec l’équipe médicale.

Pourquoi avoir une césarienne non programmée ?

En cours de travail

La décision du mode d’accouchement est réévaluée tout au long de la grossesse mais aussi durant le travail. Ainsi, la césarienne peut être décidée quand l’accouchement par voie basse devient impossible, notamment :

  • Parce qu’il n’y a aucun progrès dans le travail :  le col ne se dilate plus, ou le bébé ne descend pas dans le bassin.
  • Parce que l’on observe sur l’enregistrement du rythme cardiaque fœtal qu’il y a un risque pour le bébé.
  • Parce que le placenta se décolle prématurément de l’utérus.

En dehors du travail

La césarienne peut être faite en urgence lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie de la mère et/ou du fœtus, par exemple en cas de[2] : 

  • prééclampsie sévère (pathologie de la grossesse associant une hypertension artérielle et des protéines dans les urines),
  • placenta prævia, qui entraîne des saignements importants,
  • hématome rétro placentaire (décollement prématuré du placenta),
  • chorioamniotite (infection des membranes qui entourent le fœtus),
  • retard de croissance intra-utérin sévère,
  • anomalies du rythme cardiaque fœtal.

Déroulement de l’intervention chirurgicale

Le déroulement peut varier selon que la césarienne soit réalisée en urgence ou programmée. De même, des variations peuvent exister d’une maternité à une autre, et selon l’équipe soignante[3].  

N’hésitez pas à vous renseigner auparavant !

Avant la césarienne

La préparation

Dans le cas d’une césarienne programmée, la femme enceinte est hospitalisée la veille de l’intervention ou le matin même.

Avant d’être conduite au bloc opératoire, il y aura une certaine préparation : retrait du vernis à ongles et des bijoux, rasage du pubis, douche, tenue pour le bloc (charlotte, blouse, chaussons en papier), prémédication éventuelle[3] 

Au bloc opératoire

Une fois dans la salle de césarienne, c’est l’équipe d’anesthésie qui intervient d’abord et procède à :

  • La pose d’une perfusion au niveau de la main ou du bras, d’un tensiomètre (pour surveiller la tension artérielle) et d’électrodes (pour surveiller le cœur)[3].
  • La mise en place de l’anesthésie. Le plus souvent, la césarienne est réalisée sous anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie). C’est-à-dire que seul le bas du corps est anesthésié, ce qui permet d’être consciente au moment de la naissance. L’anesthésie générale n’est qu’exceptionnellement nécessaire. Elle est alors mise en place au tout dernier moment[3].
  • La pose de la sonde urinaire.
  • L’installation du champ opératoire (drap stérile).

JE RETIENS ! La consultation avec l’anesthésiste

Toutes les femmes enceintes ont une consultation obligatoire avec l’anesthésiste au 8e mois de grossesse, même si l’accouchement n’est pas prévu avec péridurale ou par césarienne. Lors de celle-ci, l’anesthésiste fait le point sur votre santé, les allergies et différents traitements en cours[5].

Pendant l’intervention : l’acte chirurgical

Lorsque l’anesthésie est en place et que tout est prêt, le gynécologue pratique la césarienne proprement dite. Pour ce faire, il pratique une incision, le plus souvent horizontale, juste au-dessus du pubis. Le chirurgien doit ouvrir successivement différentes « épaisseurs » avant d’accéder à l’utérus : peau, graisse, aponévrose, muscles et péritoine.  

L’ouverture de l’utérus se fait sur sa partie inférieure. Une pression exercée sur le haut du ventre permet la sortie de l’enfant. Elle peut être ressentie par la mère. 

ZOOM SUR  : Le co-parent peut-il être présent  ?

Selon l’équipe médicale et les circonstances de la césarienne (programmée ou réalisée en urgence), le co-parent (ou accompagnant) pourra ou non venir au bloc. Si cela est possible, il sera alors préparé et habillé en tenue adaptée. Qu’il soit présent ou non au moment de l’intervention, il pourra effectuer le premier peau à peau dans les minutes suivant la naissance du bébé, après les premiers soins (si ce dernier est en bonne santé et qu’il n’y a pas de contre-indication) en salle de naissance, sauf si celui-ci reste avec la maman.

Après l’accouchement

Après que l’obstétricien a coupé le cordon ombilical, le bébé est confié à la sage-femme ou au pédiatre qui le présente à la mère. En fonction de son état et de l’équipe médicale présente, il peut parfois rester avec la maman pendant la suture pour faire du peau à peau et/ou être mis au sein (si la maman souhaite allaiter).

Du côté de la maman : le placenta est retiré. Les différentes épaisseurs sont suturées une à une, ce qui est assez long (entre 30 et 45 minutes). La peau est refermée avec des agrafes, des fils résorbables ou non[3]. 

La maman est ensuite surveillée au moins 2 heures en salle de réveil ou en salle d’accouchement. 

 

Quels sont les risques et complications possibles ?

La césarienne est une intervention courante qui est de plus en plus sûre. Mais elle reste un acte chirurgical qui n’est pas anodin et, qui, comme toute intervention, peut comporter des risques et entraîner, très exceptionnellement, des complications graves[3].

Les risques pour la mère

Lésions d’organes 

En cours d’intervention, des lésions d’organes de voisinage de l’utérus peuvent se produire de manière exceptionnelle : blessure de la vessie, des voies urinaires, de l’intestin ou des vaisseaux sanguins, nécessitant une prise en charge chirurgicale spécifique. 

Hémorragie

C’est la complication la plus redoutée lors d’un accouchement. C’est pourquoi les pertes de sang sont surveillées et quantifiées pendant et après l’intervention.   Dans le cas exceptionnel d’hémorragie provenant de l’utérus pouvant menacer la vie de la patiente, une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang peut être rendue nécessaire. Dans cette situation, si les traitements médicaux et chirurgicaux spécifiques mis en œuvre pour traiter l’hémorragie sont inefficaces, il peut s’avérer nécessaire très exceptionnellement de réaliser une hystérectomie (ablation de l’utérus pour arrêter le saignement). 

Infections

Que ce soit une infection urinaire, suite à la pose de la sonde, ou de la cicatrice qui pourrait entraîner un abcès de celle-ci, la prévention est de rigueur et la surveillance durant le post-partum est là pour les dépister et les traiter si nécessaire. Le plus souvent de simples soins locaux suffisent. 

Embolie pulmonaire 

Comme après toute intervention chirurgicale, un faible risque de phlébite ou d’embolie pulmonaire peut exister dans les jours suivants. C’est pourquoi des injections d’anticoagulants sont parfois prescrites et le port de bas ou chaussettes de contention recommandé. 

Risque pour les grossesses ultérieures

Le fait d’avoir eu une césarienne peut entraîner des complications pour les grossesses ultérieures telles qu’une rupture utérine (déchirure de la cicatrice sur l’utérus) ou une anomalie d’insertion du placenta. Celui-ci pourra s’insérer sur ou à proximité du col (placenta prævia) ou s’attacher de façon anormale au muscle de l’utérus (placenta accreta). D’autre part, cela augmente le risque d’avoir une nouvelle césarienne, bien que cela ne soit pas systématique.

Les risques pour le bébé

Une naissance par césarienne entraîne peu de risques pour le bébé, même si dans de rares cas cela peut mener à :

  • Une détresse respiratoire légère (et souvent passagère),
  • Une température corporelle basse, les salles d’opération étant fraîches,
  • Un risque de ​dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote intestinal. En effet, en cas de naissance par césarienne, le bébé n’est pas au contact des bactéries présentes dans la flore vaginale, ce qui peut perturber le transfert du microbiote de la mère vers le bébé et altérer le développement de son système immunitaire[6].

Prévention et suivi

La césarienne est un acte chirurgical pouvant être vécu comme traumatisant par la maman, surtout si elle a été décidée en urgence (que ce soit pendant ou en-dehors du travail[2]).

Il est important de maintenir un dialogue avec l’équipe des professionnels de santé et d’avoir une surveillance renforcée notamment après l’opération et/ou en cas de césariennes répétées.

 

Se remettre d’une césarienne

À la maternité

Après un accouchement par césarienne, vous pouvez ressentir quelques inconforts :

  • Des nausées et/ou vomissements, qui peuvent survenir dans les 24 heures suivant l’opération[7],
  • Des douleurs au niveau de la cicatrice,
  • Des contractions utérines[2], qui sont également présentes lors d’un accouchement par voie basse, mais qui peuvent être plus sensibles après une césarienne. (ces dernières permettent à l’utérus de se rétracter après l’accouchement).

Tous ces désagréments sont généralement gérés par des médicaments (contre les nausées, contre les douleurs), administrés par perfusion ou par voie orale.

Durant toute la durée de votre hospitalisation (d’une durée de 5 jours environ[8]), les équipes médicales seront présentes pour :

  • vous aider à gérer la douleur,
  • vous aider à vous mobiliser, à allaiter, à faire votre toilette,
  • surveiller votre cicatrice et vous donner des conseils pour en prendre soin.

De retour à la maison

De retour à la maison, le soutien de votre partenaire et de votre entourage (famille, amis…etc.) est primordial. N’hésitez pas à anticiper (en cas de césarienne programmée), à vous faire aider et à déléguer le plus possible.

Gestion de la cicatrice : selon qu’il s’agit de fils ou d’agrafes, ils seront retirés après 4 à 10 jours, par une sage-femme ou une infirmière se déplaçant à votre domicile, si vous êtes rentrée chez vous. 

Une perte ou un changement de sensibilité autour de la cicatrice peut perdurer quelques mois. Toutefois, il est possible de masser la cicatrice pour la rendre plus souple. N’hésitez pas à en parler à votre sage-femme ou gynécologue. En cas de douleur persistante, de rougeur ou de suintement de la cicatrice, consultez la sage-femme qui vous suit ou rendez-vous à la maternité pour une consultation.

Comme après un accouchement par les voies naturelles, il faudra plusieurs semaines avant de retrouver un ventre plat. 

 

A éviter après une césarienne

Après une césarienne, certaines activités sont déconseillées dans les premières semaines, telles que :

  • porter un poids plus lourd que son bébé,
  • porter des vêtements trop serrés, qui risquent d’irriter la cicatrice,
  • prendre un bain (pendant les 3 premières semaines suivant la césarienne),
  • conduire (pour éviter les mouvements brusques et les douleurs),
  • pratiquer une activité physique intense (ce qui n’empêche pas de « bouger » au quotidien).

JE RETIENS !

L’accouchement par césarienne est une intervention chirurgicale qui nécessite une récupération physique. Il est essentiel d’écouter votre corps avant de reprendre certaines activités.

Soutien émotionnel

Certaines femmes peuvent avoir un mauvais vécu de leur césarienne, notamment si elle n’était pas programmée. Loin de l’accouchement imaginé (et peut être idéalisé) lors du projet de naissance, elle peut, selon les causes et circonstances, être source de culpabilité[3] (en cas de naissance prématurée par exemple, ou par peur d’un impact sur le lien mère enfant, sur la mise en route de l’allaitement, etc).

Si c’est le cas et que ce sentiment persiste pendant votre post-partum, n’hésitez pas à en parler à un professionnel de santé (éventuellement lors de l’entretien post-natal) et à vous informer sur les ressources et aides existantes (groupes de paroles et de soutien, psychologue… etc.).

 

Questions fréquentes sur l’accouchement par césarienne

Combien de césariennes peut-on faire ?

Il n’existe pas de nombre précis maximum de césarienne, mais 3 césariennes sont déjà beaucoup. Attention cependant, la succession de césariennes peut limiter le nombre de naissances envisagées. 

Combien de temps dure une césarienne ?

L’intervention dure environ une heure. Le plus long est la suture des différentes couches après la naissance du bébé, qui peut prendre entre 30 et 45 minutes. 

Une fois l’intervention terminée, la maman est conduite en salle de réveil, où elle est surveillée durant 2 heures au moins et où on lui administre des traitements pour lutter contre la douleur. 

Durant ces 2 heures, il sera parfois possible, selon la structure et l’équipe médicale, de faire du « peau à peau » avec votre bébé et de réaliser une première mise au sein. En effet, l’allaitement est tout à fait possible après une césarienne. N’hésitez donc pas à vous préparer à l’allaitement.

Quand peut-on faire l’amour après une césarienne ?

Après un accouchement (que ce soit par voie basse ou par césarienne), le délai avant la reprise des rapports sexuels est une question très personnelle. Ce délai dépend à la fois de facteurs physiques (cicatrisation, douleur ou crainte de la douleur, etc.) et de facteurs psychiques (que cela provienne de la mère ou de son compagnon). 

Peut-on demander une césarienne ?

Demander une césarienne ne constitue pas en soi une indication : le médecin est en droit de la refuser, s’il n’y a pas de raisons médicales associées. Il doit alors vous orienter vers un de ses confrères.

Il est important de comprendre pourquoi la future maman souhaite ne pas accoucher par voie basse (peur de l’accouchement par les voies naturelles ? crainte de la douleur ? expérience précédente traumatisante ?[3]). Une discussion avec le médecin qui suit la grossesse et un éventuel accompagnement personnalisé avec une sage-femme sont souvent nécessaires pour comprendre ce que souhaite la future maman et éventuellement lever les inquiétudes et appréhensions pour aboutir à une « décision partagée ». 

Combien de temps pour se remettre d'une césarienne ?

Les premières 24 heures sont souvent douloureuses et nécessitent des médicaments antalgiques car les douleurs peuvent être soulagées. Le premier lever, après quelques heures est parfois difficile. Mais le personnel saura vous indiquer les bons gestes pour ne pas solliciter les muscles abdominaux. La récupération est très variable d’une femme à une autre. Certaines mamans marcheront dans les couloirs dès le lendemain, alors que d’autres auront encore du mal à se lever 2 jours après. 

La sortie de la maternité a généralement lieu entre le 4e et le 7e jour. 

Peut-on accoucher par voie basse après une césarienne ?

Le choix du type d’accouchement (de nouveau césarienne ou essai d’accouchement par les voies naturelles) après une césarienne dépend de la raison de cette césarienne et de la manière dont elle s’est déroulée.  

Une femme sur 2  ayant eu une césarienne aura de nouveau une césarienne. Si un essai d’accouchement par les voies naturelles est proposé après une césarienne, 7 fois sur 10, ce sera un succès.  

Après 2 césariennes, le mode d’accouchement sera discuté selon les équipes et la situation médicale. Mais après 3 césariennes, une nouvelle césarienne sera systématique.  

Peut-on allaiter après une césarienne ?

Oui, l’allaitement est possible après une césarienne même si sa mise en place peut nécessiter une adaptation et de l’aide. La montée de lait peut être retardée mais ce n’est pas systématique. Un contact peau à peau précoce peut la favoriser. N’hésitez pas à en parler avec les professionnels de santé qui vous suivent.

L’accouchement par césarienne est une naissance à part entière, ce n’est ni un échec ni une solution par défaut. Qu’elle soit programmée ou effectuée en urgence, vous y préparer vous aidera à mieux la vivre et l’appréhender.

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