PARTIE 2 : Appel à l’action
Et si on demandait « comment ça va, toi ? »
Regard de Christèle Albaret sur les choses simples que peuvent faire les parents pour se faciliter le quotidien ?
Le travail d’information pour faciliter le quotidien des néo-parents doit se faire le plus en amont possible. C’est souvent avant l’arrivée de l’enfant que l’on a plus de temps pour se renseigner, se préparer. Plus on installe de repères pour les parents avant le post-partum, plus ils seront en capacité de faciliter leur quotidien. D’où l’importance des campagnes de sensibilisation entreprises par le Laboratoire Gallia qui permettent à la fois aux néo-parents et aux proches d’être mieux préparés, mais mieux équipés aussi. Par exemple, la mise à disposition d’une ligne hotline pour les parents est sécurisante, on sait qu’en cas de besoin, un professionnel peut-être à notre écoute.
Quel regard portez-vous sur les évolutions gouvernementales et en entreprises ?
Selon vous, quels sont les actions/dispositions indispensables à mettre en place ?
De nombreux chantiers sont réalisables, parmi ces chantiers sur lequel je porterai mon attention il y a l’évolution du dispositif “monparcourspsy” afin de permettre à un parent de pouvoir consulter un psychologue quand il en sent le besoin sans avoir la nécessité d’avoir une ordonnance de soin du médecin traitant pour obtenir une prise en charge, car nous connaissons la complexité actuelle d’obtenir un rdv chez son médecin traitant et dans la pratique, le parent va privilégier un rdv chez le pédiatre plutôt qu’un rdv pour lui si il s’agit d’un parcours du combattant . Ensuite, toujours dans le cadre du dispositif “monparcourspsy”, supprimer l’obligation que le premier rdv soit réalisé en présentiel, car lorsqu’une jeune maman est en période de post-partum, se déplacer pour aller à un rdv chez le psychologue, c’est bien en théorie mais pas en pratique. Les douleurs post-partum, la garde de l’enfant, la fatigue sont autant de freins à la consultation. Pour autant, dès la première consultation à distance, la jeune maman pourra se décharger émotionnellement, obtenir quelques conseils anti-stress, se sécuriser sur la construction de son lien d’attachement avec son enfant. C’est aussi l’occasion pour le professionnel de santé de prévenir en amont des risques de dépression post-partum.
D’autres chantiers sont nécessaires comme des campagnes de sensibilisation pour rendre plus populaire le congé paternité qui souffre encore de stigmatisation notamment en entreprise, mais aussi dans la sphère familiale ou amicale.
La France par rapport à d’autres pays européens semble à la traîne même si elle a récemment adoptée une réforme du congé paternité qui est entrée en vigueur en juillet 2021. Les pères peuvent désormais prendre 25 jours de congés paternité, dont 7 jours obligatoires. Cela représente une amélioration significative par rapport aux 11 jours précédents institués en 2002, mais cela reste inférieur à la moyenne européenne. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles la France est considérée comme étant à la traîne par rapport aux autres pays européens en matière de congé paternité. Parmi ces raisons ont peu cité : les politique familiales en France traditionnellement axées sur la protection de la maternité plutôt que l’égalité entre les sexes et la parentalité partagée, la considération du congé paternité comme un coût pour les entreprises plutôt que comme un investissement dans la famille et la société, la crainte pour les pères de subir des répercussions négatives sur leur carrière, la pression sociale pour que les femmes prennent en charge la plupart des soins aux enfants,...
Donc certes, les néo-parents cherchent activement à mettre en place une co-parentalité plus équilibrée, mais des efforts politiques et d’entreprise sont encore nécessaires pour faire évoluer les mentalités et les actes.