Gaz de bébé : les comprendre et les soulager

Même s’ils peuvent être sources d’inquiétudes pour les parents, les gaz, comme les autres « petits » troubles digestifs (​constipation, ​régurgitations, ​rots, ​coliques…) sont fréquents chez les bébés. Ils sont la plupart du temps d’origine physiologique et disparaissent progressivement avec le temps. D’où viennent les gaz, et comment les reconnaître ? Quels gestes simples pour soulager votre bébé ? Quels sont les signes à surveiller ? Voici quelques pistes pour aider au confort intestinal de votre enfant. 

 

« Cet article vous aidera à trouver des éléments d’information mais ne remplace en aucun cas l’avis d'un professionnel de santé. En cas de doute, consultez un médecin. »

Pourquoi bébé a-t-il des gaz ?

Les gaz chez le nourrisson et le bébé peuvent être expliqués par différentes raisons.

  • Lors des premières années de vie, le microbiote intestinal (ou flore intestinale) va progressivement se mettre en place[1]. Un déséquilibre de celui-ci et/ou une immaturité de la fonction intestinale[2] peuvent être responsables de fermentation du contenu alimentaire dans l’intestin et aboutir à une production de gaz.
  • Une mauvaise évacuation de l’air avalé : votre bébé, lorsqu’il tète ou quand il pleure, va avaler de l’air. S’il n’évacue pas l’air avalé sous forme de rots, il va accumuler des gaz dans son estomac et ses intestins[3]. Cela peut arriver notamment à cause d’une prise trop rapide du sein, une mauvaise position, une tétine du biberon non adaptée, ou l’absence de pauses régulières pendant les repas.
  • L’alimentation peut aussi avoir une influence sur les gaz, que​ bébé soit allaité ou nourri au biberon. Il peut s’agir d’une mauvaise digestion des nutriments du lait maternel ou du lait infantile (excès de lactose, mauvaise tolérance au caroube par exemple), d’une consommation de fibres alimentaires en excès chez les bébés ayant débuté la diversification alimentaire[3]. Si votre enfant est allaité, poursuivez l’allaitement maternel, qui reste l’alimentation la mieux adaptée pour l’enfant[4]. En cas de gaz excessifs, la maman allaitante pourra éventuellement adapter son régime alimentaire, après avis d’un médecin ou d’un diététicien. Si le bébé est alimenté au lait artificiel, le choix de lait et sa composition pourraient avoir une influence sur l’apparition de gaz. Prenez conseil auprès du médecin qui suit votre enfant.

Comment reconnaître les gaz chez bébé ?

Votre bébé peut manifester son inconfort digestif par différents signes.

  • Son ventre peut sembler gonflé, ou il peut vous paraître ballonné. Il fait des bruits intestinaux (gargouillements) et émet des gaz et flatulences fréquemment.
  • Il a des gestes et mouvements qui traduisent son inconfort : il se crispe (il serre les poings, grimace…), se tortille, replie les jambes, essaie de s’étirer. Il peut aussi se cambrer brusquement en arrière. 
  • Il est agité et/ou grognon, il pousse des petits gémissements, pleure, semble inconsolable.

Même si ces symptômes sont généralement bénins, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé, pédiatre et/ou médecin généraliste en cas de doute ou d’autres signes associés.

Notez aussi que certains bébés peuvent avoir beaucoup de gaz sans pour autant manifester d’inconfort, il n’y a alors aucune raison de s’en inquiéter.

Comment soulager un bébé qui a des gaz ?

Que ce soit de jour, comme de nuit, votre bébé peut manifester un inconfort digestif lié aux gaz. Si c’est le cas, voici quelques conseils pour essayer de l’apaiser :

Faciliter l’évacuation de l’air

Pendant les repas :

  • Pour les bébés allaités, vérifier qu’il est bien positionné et qu’il prend bien le sein (bouche ouverte sur l’aréole entière, lèvres retroussées, menton et nez collés au sein[5]), pour éviter qu’il n’avale trop d’air. 
  • Pour les bébés nourris au biberon, privilégier les biberons avec une valve au fond et une tétine au débit adapté, pour limiter la déglutition d’air[6].
  • Pour tous : donner les repas calmement sans distraction extérieure, faire des pauses régulières pour faciliter l’évacuation de l’air par ​les rots, desserrer les couches et éviter les vêtements qui serrent trop à la taille.

Après les repas : privilégier la position verticale ou semi-assise et attendre qu’il fasse bien son rot.

Privilégier certaines positions

Certaines positions permettent d’évacuer plus facilement l’air et faciliter la digestion.

Le portage vertical : que ce soit en écharpe, porté contre vous ou assis sur vos genoux, la position verticale aide à l’émission de rots.

La position sur le ventre (toujours sous surveillance) ou sur votre avant-bras, la tête à proximité du creux de votre coude. Cette position permet d’appuyer très légèrement sur son ventre et ainsi d’éliminer plus facilement les gaz.

Proposer des massages

En cas d’inconfort digestif ou de ballonnements, un massage peut soulager bébé en améliorant la régulation du système digestif[5].

  • Massages abdominaux : effectuez des mouvements circulaires doux et réguliers, dans le sens des aiguilles d’une montre (sens « naturel » du transit).
  • Plier doucement ses jambes contre son ventre pour aider à l’évacuation de l’air.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les massages présentent de nombreux bienfaits ! Au-delà des effets sur le confort digestif, ils participent au bon développement de bébé et mettent en place les prémices de la communication « parent-enfant »[5]. Pour des conditions idéales, privilégiez un endroit calme et apaisé, soyez parfaitement disponibles et restez toujours attentifs aux réactions de votre enfant quand vous le touchez[5].

Faut-il adapter l’alimentation ?

Pour les bébés allaités, poursuivre l’allaitement maternel (le lait maternel est l’aliment le plus adapté à ses besoins nutritionnels[4]), en prenant si besoin conseil auprès d’un professionnel de santé (médecin, nutritionniste, diététicien).

Pour les bébés non allaités, se renseigner auprès d’un professionnel de santé qui pourra éventuellement vous orienter vers une formule infantile spécifique (en fonction de sa composition).

Des solutions naturelles peuvent également exister, parlez-en à un professionnel de santé.

Quand consulter un médecin ?

Les gaz, ballonnements ou spasmes ne sont généralement pas les symptômes d’une maladie ou d’un problème de santé[7].

En revanche, s’ils sont associés à d’autres signes tels que :

  • Des vomissements,
  • De la fièvre (température > 38°C),
  • Du sang dans les selles ou des selles anormales (couleur blanche, noire ou rouge),
  • Une perte de poids ou le refus de s’alimenter,
  • Des pleurs inconsolables,
  • Un changement de comportement, des réactions inhabituelles.

Alors n’hésitez pas à consulter un médecin.

Questions fréquentes sur les gaz de bébé

Il n’est pas rare qu’un bébé allaité n’ait qu’une selle par semaine, parfois moins, sans que cela ne soit un signe de constipation[7]. S’il a beaucoup de gaz, cela peut venir d’une mauvaise position lors de la mise au sein. Veillez à ce que votre bébé prenne bien en bouche une grande partie de l’aréole (et non juste le bout du sein)[5] pour éviter d’avaler trop d’air. L’accompagnement d’un(e) conseiller(ère) en lactation peut vous aider à trouver la bonne position pour la tétée.

Si votre bébé a beaucoup de gaz, vous pouvez essayer quelques gestes simples pour le soulager. Essayez de le prendre contre vous, lui masser le ventre, desserrer ses vêtements, faire des pauses régulières lors de la tétée. Si les gaz ont l’air vraiment inconfortables et/ou douloureux (pleurs, tortillements…), n’hésitez pas à prendre l’avis d’un médecin qui pourra éventuellement adapter son régime alimentaire.

Le choix et la composition des laits infantiles (en cas de non allaitement maternel) peuvent avoir une influence sur l’apparition de gaz. En cas de gaz importants, n’hésitez pas à prendre conseil auprès du médecin qui suit habituellement votre enfant. Il pourra éventuellement vous aiguiller sur la formule la plus adaptée.

La nuit, le système digestif de bébé est habituellement au repos mais il se peut qu’il se « réveille » et se contracte, entraînant gaz et spasmes[8]. Si c’est le cas et si l’enfant se réveille vraiment (il arrive que les bébés se tortillent dans leur sommeil, sans que cela ne les gêne ou les réveille), il est indiqué de le prendre contre soi, le câliner, éventuellement lui masser un peu le ventre. Ce phénomène, généralement transitoire, devrait disparaître avec le temps[8].

Il existe des gestes simples pour soulager les gaz du nourrisson : donner les repas très tranquillement en s’assurant de la bonne position du bébé, faire des pauses régulièrement pour faciliter les rots, limiter la déglutition de l’air (bonne prise du sein, tétine adaptée…), desserrer les couches et les vêtements, masser le ventre délicatement et dans le sens des aiguilles d’une montre. En cas de doute et/ou sans amélioration, ne pas hésiter à prendre un avis médical.

Pour aider bébé à évacuer ses gaz, vous pouvez essayer de pratiquer un massage abdominal à l’aide de mouvements circulaires, dans le sens des aiguilles d’une montre pour stimuler le transit intestinal[5]. Essayez également de plier ses genoux contre son ventre pour relâcher les tensions abdominales et faciliter l’expulsion des gaz[5].

Les mouvements doivent être délicats et doux et pratiqués dans un environnement le plus calme et détendu possible.

Dans la grande majorité du temps, les gaz chez les bébés sont normaux et passagers et l’inconfort qu’ils suscitent peut être soulagé par quelques gestes simples. N’hésitez pas à consulter si la situation persiste ou en cas de signes inquiétants.

Nous sommes là pour vous à chaque étape

En tant que parents, les choix que vous faites pour l’alimentation de votre enfant vous appartiennent. Le lait maternel est ce qu’il y a de mieux et apporte tous les bienfaits dont votre bébé a besoin pour bien grandir. C’est pourquoi nous soutenons la recommandation de l’OMS* d’un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis d’un allaitement poursuivi en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus. Une alimentation saine et équilibrée est également très importante pendant l’allaitement. Cependant, nous comprenons que pour certains parents, l’allaitement n’est pas toujours possible ou que le choix du biberon est une préférence. Que vous envisagiez de nourrir votre bébé exclusivement au biberon ou en complément de l’allaitement, discutez-en d’abord avec un professionnel de santé. 

*Organisation Mondiale de la Santé

x