Accouchement : déroulement et conseils pour bien se préparer

L’accouchement, qui marque la fin de la grossesse et la rencontre avec son bébé est un moment attendu mais qui peut être source de questionnements et d’inquiétudes. S’y préparer, s’informer en amont des possibilités, faire un projet de naissance, comprendre les signes du début du travail aident à vivre ce moment plus sereinement.

Cette rubrique du site, avec de nombreux contenus détaillés disponibles, vise à vous guider à travers les étapes clés et les différentes modalités d’accouchement, selon les particularités de votre grossesse.

Cet article a pour objectif de vous informer mais ne remplace pas un avis médical. Au moindre doute, prenez RDV rapidement auprès d'un professionnel de santé.

Se préparer à l'accouchement en toute sérénité

Anticiper et comprendre ce qui vous attend

L’accouchement est une étape à la fois physique, émotionnelle et médicale, souvent source de questionnements, parfois d’appréhension. Se préparer et s’informer en amont sur toutes les possibilités, permet de mieux gérer les imprévus, quels que soient la voie d'accouchement et le déroulement de celui-ci.

Plusieurs temps d’échanges sont prévus avec des professionnels de santé tout au long de la grossesse, l’occasion d’aborder la question de l’accouchement[1] :

  • Un bilan prénatal de prévention avec une sage-femme, pour faire le point sur vos habitudes de vie.
  • Un entretien prénatal précoce individuel ou en couple, réalisé par un médecin ou une sage-femme. Un moment privilégié pour poser librement vos questions, exprimer vos inquiétudes ou vos attentes au sujet de la grossesse et/ou l’accouchement.
  • Des cours de préparation à la naissance et à la parentalité, pris en charge par l’Assurance Maladie à 100%, proposés à partir du 7e mois. Ils sont souvent effectués par une sage-femme, mais peuvent aussi l’être par un médecin traitant ou un gynécologue. Ils se réalisent à la maternité ou en cabinet, parfois à domicile. Ces séances peuvent être individuelles mais sont souvent collectives pour favoriser les échanges entre les futurs parents.

 Elles permettent de :

  • Mieux comprendre le déroulement du travail et apprendre à reconnaître les signes indiquant qu’il est temps de se rendre à la maternité,
  • Apprendre à respirer, bouger, gérer la douleur,
  • Rencontrer d'autres futurs parents.

Choisir le lieu et les modalités d'accouchement

Plusieurs possibilités s’offrent à vous pour l’accouchement : maternité, maison de naissance, accouchement à domicile, … Cela dépend bien entendu de la zone géographique dans laquelle vous habitez, mais aussi du déroulement de votre grossesse (si elle se déroule bien ou si elle est « à risque »). 

Les différents types de maternités. Que ce soit à l’hôpital public ou en clinique privée, il existe une nomenclature des maternités :

  • Maternité de type 1 : pour les grossesses physiologiques qui se déroulent bien, sans difficultés, c’est-à-dire considérées comme à « bas risque » pour la mère comme pour le bébé.[2] Ces établissements n’ont pas de service de néonatologie et accueillent les enfants nés à terme et en bonne santé.
  •  Maternités de type 2 : pour les grossesses physiologiques ou pathologiques, disposant d’une unité de néonatologie et/ou de soins intensifs permettant la prise en charge de la prématurité avant 36 SA et des pathologies modérées du nouveau-né.[3]
  • Maternité de type 3 : avec une unité de néonatologie et un service de réanimation néonatale, permettant la prise en charge des grossesses dites à « haut risque » et des nouveau-nés présentant des pathologies sévères, des prématurés nés entre 24 et 36 SA ainsi que des nouveau-nés dont le poids est supérieur à 500 g.[4]

ZOOM sur les espaces physiologiques

Certains établissements proposent des espaces physiologiques pour y accoucher de la façon la plus naturelle possible, sans péridurale. D’autres offrent la possibilité de commencer le travail dans l’eau, dans des baignoires de relaxation. N’hésitez pas à vous renseigner, selon votre projet de naissance[2].

  • Les maisons de naissance : tenues par des sage-femmes, les maisons de naissance se trouvent à proximité immédiate d’une maternité partenaire, avec accès direct au service de gynécologie-obstétrique (en cas de problème). Les sage-femmes assurent le suivi de la grossesse jusqu’à l’accouchement, ainsi que les soins postnataux[2].
  • L’accouchement à domicile : il s’agit d’un accouchement programmé à la maison et pratiqué par une sage-femme. Seule une femme en bonne santé et n’ayant présenté aucune complication lors de sa grossesse peut accoucher à domicile. A noter cependant que l’accouchement n’est pas sans risque et que la sécurité à la naissance ne peut être assurée à domicile de la même manière que dans un établissement de santé[2].

Pour choisir où accoucher, vous pouvez prendre en compte ces critères :

  • La proximité géographique et/ou son accessibilité (voiture, transports en commun, …),
  • Les équipements et spécialités médicales (notamment en cas de grossesse pathologique),
  • Le niveau de confort et les services proposés,
  • Les pratiques appliquées.

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Visiter la maternité ou le lieu de naissance présélectionnés, idéalement avec son / sa partenaire, permet de se faire une idée concrète avant de prendre sa décision !

Exprimer ses souhaits avec un projet de naissance

Le projet de naissance (ou plan de naissance) est un document écrit qui précise tous vos souhaits (et ce que vous préféreriez éviter) au moment du travail et de l’accouchement, si la situation le permet. Vous pouvez ainsi mentionner ce que vous souhaitez concernant : 

  • Le déroulement du travail : ambiance souhaitée (lumière tamisée, musique), mobilité (ballon, changements de positions), prise en charge de la douleur (péridurale ou non), 
  • La sortie du bébé : positions d’accouchement, miroir, participation de votre partenaire pour couper le cordon,
  • Les premiers soins au nouveau-né : peau à peau, première tétée précoce,...etc.

Il peut être discuté lors des rendez-vous avec la sage-femme ou le médecin et, idéalement, co-construit avec votre partenaire.

Repérer les signes du début de travail

Dans les dernières semaines, certains signes annoncent que votre corps se prépare à accoucher, sans que cela ne soit le signe d’un accouchement imminent[2]. Il peut s’agir de :

  • la perte du bouchon muqueux[2],
  • contractions irrégulières, isolées et non douloureuses (appelée aussi contractions de Braxton Hicks ou “fausses contractions”)[2] ,
  • la modification du col de l’utérus (même s’il est difficile de le sentir)[2],
  • un instinct de nidification (appelé aussi nesting).

En revanche, la rupture de la poche des eaux et/ou des contractions utérines régulières et douloureuses sur une période prolongée[2] qui ne cessent pas indiquent qu’il est temps de vous rendre à la maternité !

Déroulement d’un accouchement : les grandes étapes

Une fois arrivée à la maternité, la sage-femme qui vous accueille va prendre connaissance de votre dossier obstétrical et de vos antécédents et procèdera à un examen clinique, qui confirmera le début (ou l’absence ...) de travail[2]

L’accouchement comporte 3 phases[2].

  • Premier stade du travail : il débute avec les premières contractions régulières, et se termine lorsque le col est complètement dilaté (ouvert à 10 cm).

Pendant toute la durée du travail, la sage-femme assure une surveillance de la maman (tension, température, toucher vaginal, observation des contractions) et du rythme cardiaque du bébé (à l’aide d’un monitoring)[5].

  • Deuxième stade du travail : il commence à dilatation complète et se termine lors de la naissance de l’enfant. Une fois que votre bébé s’est engagé dans le bassin et qu’il est suffisamment descendu, la sage-femme vous demandera un dernier effort pour faire naître votre enfant[5].
  • Troisième stade du travail : il débute avec la naissance et se termine avec la délivrance, c’est-à-dire l’expulsion du placenta[5].

Les différentes voies et modalités d’accouchement

Accouchement par voie basse

L’accouchement par voie basse est le plus fréquent, puisqu’il concerne 80% des accouchements[6]. Pour cela, deux conditions doivent être réunies :

  • La dilatation complète du col,
  • l’engagement du bébé dans le bassin.

Cet accouchement peut être accompagné ou non d’une péridurale ; il peut s’agir d’un accouchement simple ou assisté d’une extraction instrumentale (ventouse, forceps, spatules, …), nécessitant parfois une épisiotomie.

Accouchement par césarienne

​​​L’accouchement par césarienne , qui concerne environ 1 femme sur 5[7], peut être pratiqué :

  • en cours de travail (en cas d’anomalies du rythme cardiaque, de non engagement dans le bassin…),
  • en dehors du travail, en urgence, voire en extrême urgence, si la vie de la mère ou du fœtus est en danger,
  • programmée (s’il y a une contre-indication ou un obstacle à un accouchement par voie basse).

Accouchements particuliers

Certains cas entraînent des situations particulières.

  • l’accouchement prématuré : qui a lieu avant 37 semaines d’aménorrhée (SA) et qui peut nécessiter des soins particuliers pour le nourrisson[2],
  • l’accouchement par le siège, si le bébé se présente par les fesses (et non par la tête). Il peut avoir lieu par césarienne ou par voie basse (selon certaines conditions)[2],
  • Le déclenchement : intervention médicale qui vise à provoquer le travail avant que la nature ne le fasse spontanément (en cas, par exemple, de dépassement du terme, de grossesse gémellaire, de pré-éclampsie, ...)[2],
  • l’accouchement lors d’une grossesse multiple: la naissance peut se faire soit par les voies naturelles soit par césarienne[2]. La décision sera prise en fonction de comment sont positionnés les bébés, du déroulement de la grossesse et … de leur nombre !

Gestion de la douleur pendant l'accouchement

​​​La douleur est une notion subjective car chaque femme possède un seuil de résistance qui lui est propre.  Par ailleurs, des facteurs externes tels que l’état émotionnel, psychologique, la fatigue, le stress ou encore la durée de la douleur peuvent influencer sa perception et sa gestion.[2]

Techniques naturelles pour calmer les douleurs

Au moment du début des contractions et tout au long de la phase de travail, les techniques de relaxation et de détente sont primordiales[2]. A la maison (puis à la maternité quand cela est possible selon le stade du travail et les équipements présents), vous pouvez essayer de :

  • Vous mettre dans une position confortable : prendre un bain, marcher, vous installer sur un ballon de grossesse, pratiquer des postures de yoga, 
  • faire des exercices de relaxation : respiration contrôlée, méditation, sophrologie, 
  • mettre de la musique,
  • vous faire masser par votre partenaire.

Options médicales en cas de douleurs

-Si les contractions deviennent trop douloureuses et que vous ne pouvez plus les supporter, une prise médicamenteuse est possible pour les soulager. Différentes options sont possibles[2], après avis médical :

  • Protoxyde d’azote : proposé sous contrôle médical et toujours mélangé avec de l’oxygène, c’est un gaz que l’on respire à l’aide d’un masque, et qui calme les douleurs[2],
  • La morphine : certains dérivés morphiniques peuvent être utilisés durant la période de « pré travail[2],
  • Le recours à la péridurale, anesthésie locale à proximité de la moelle épinière[2].

Et après la naissance ? Les premiers instants

Quelques secondes après la naissance, si votre bébé se porte bien et se met rapidement à respirer, il ne nécessite pas d’examens immédiats et les premiers soins de routine seront effectués un peu plus tard[2]. Il pourra être posé directement sur votre ventre, pour un premier peau à peau, d’où il sera surveillé[2].

Si vous souhaitez allaiter, une première mise en sein est possible dès les premières minutes, quand votre nouveau-né est dans une phase d’éveil intense, propice aux apprentissages[2].

En cas d’accouchement par césarienne ou de naissance prématurée, les soins et la surveillance de votre bébé seront prioritaires[2]. Ne vous inquiétez pas, la rencontre se fera un peu plus tard, tout comme la mise au sein si vous souhaitez allaiter.

FAQ - Questions fréquentes sur l’accouchement

Comment calculer la date d'accouchement ?

La date prévisionnelle d’accouchement (DPA) est par le médecin qui vous suit. Dans un premier temps, elle est estimée en fonction de la date des dernières règles et/ou de la date supposée d’ovulation qui correspond à la date de conception (si vous la connaissez). 

Mais c’est l’échographie du premier trimestre, réalisée entre 11 et 13 SA+6 jours, qui permet, en mesurant le fœtus, de calculer ou de confirmer la date de début de grossesse (à 5 jours près), et donc la date théorique de l’accouchement [2].

N’hésitez pas à utiliser notre calculateur de grossesse pour vous aider.

Combien de temps dure l'accouchement ?

Il est difficile de prévoir la durée d’un accouchement, très variable d’une femme à l’autre. Mais le travail est généralement long : il dure en moyenne 12 heures depuis le début jusqu’à l’expulsion, pour un premier enfant, 8 heures si vous avez déjà eu un enfant. Il va donc falloir vous armer de patience, courage[2] 

Comment accoucher plus vite ?

Il n’y a pas de « recette miracle » pour accoucher plus vite. En revanche, l’immobilité ne semble pas contribuer au déroulement optimal du travail. Tant que vous le pouvez et si vous en avez la possibilité, essayez de bouger régulièrement[2]. De plus, vous pouvez pratiquer des exercices de détente et de relaxation pour supporter les douleurs … et l’attente !

Quels sont les signes avant accouchement ?

Ce sont les contractions utérines, douloureuses et rapprochées qui vont agir sur le col de l’utérus. Une fois que celui-ci sera effacé et totalement dilaté (à 10 cm)[2], le bébé pourra commencer sa descente dans le vagin. L’accouchement est imminent !

Que devient le placenta après l'accouchement ?

En France, d’après le Code civil, il n’existe que deux possibilités :

  • Soit il devient un déchet opératoire et est incinéré selon la procédure d’incinération prévue pour tous les DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux)[8],
  • soit il est collecté dans un but scientifique ou thérapeutique (si la patiente ne s’y oppose pas)[8].

Comment pousser pour accoucher ?

Les poussées se font au moment des contractions utérines, pour être plus efficaces[2].

Au moment d’une contraction, la sage-femme vous demandera de pousser, c’est-à-dire de remplir largement les poumons en inspirant puis bloquer l’air et pousser, comme si vous alliez à la selle aussi fort que possible, jusqu’à ce que vous sentiez que vous manquez d’air.

La poussée peut également se faire en expiration forcée, une fois que les poumons sont vidés[2]. La meilleure méthode est celle qui vous convient le mieux. Le jour J, l’équipe médicale vous guidera.

Pourquoi déclencher un accouchement ?

Un déclenchement peut être nécessaire dans certaines situations ou circonstances, telles qu’une rupture prématurée des membranes, l’arrêt de la croissance du fœtus, un diabète gestationnel mal équilibré, la survenue d’une pathologie, … etc[2]. Le mode d’intervention dépendra de l’état de maturité du col utérin[2].

Combien de temps dure la poussée lors de l'accouchement ?

 La durée des efforts expulsifs (ou poussées) est variable selon les femmes et si elles ont déjà accouché ou pas. Pour un premier bébé, comptez en moyenne 30 à 45 minutes.

Si besoin, une aide instrumentale (spatules, forceps, ventouse), pourra être nécessaire pour aider le bébé à naître.

Comment ouvrir le col de l'utérus naturellement pour accoucher ?

Pour aider naturellement la dilation du col, vous pouvez essayer de

  • rester mobile (si votre situation le permet) : marcher, changer de position, faire des mouvements de bassin, utiliser le ballon d’accouchement,
  • favoriser certaines positions telles que la position à quatre pattes ou accroupie,
  • vous  relaxer à l’aide d’exercices de respiration ou de méditation, prendre un bain chaud.

L’accouchement est un moment particulièrement fort, parfois teinté d’incertitudes, d'inquiétudes et de questionnements (notamment quand il ne se passe pas comme prévu).

Les séances de préparation à l’accouchement et les professionnels de la naissance qui vont vous accompagner (sage-femmes, obstétriciens, anesthésistes, pédiatres, puéricultrices..) jouent un rôle primordial dans la façon d’aborder et de vivre la naissance de votre enfant.

Il faut aussi accepter de ne pas pouvoir “tout prévoir” dans ce moment très fort de la rencontre avec bébé et c’est aussi cette incertitude qui rend chaque accouchement unique.

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Notre équipe d’experts de la petite enfance est à votre disposition jour et nuit que ce soit pour parler produits , nutrition, parentalité …..

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**du lundi au vendredi de 9h à 19h et samedi de 9h à 18h

Le lait maternel est ce qu’il y a de mieux et apporte tous les bienfaits dont votre bébé a besoin pour bien grandir. C’est pourquoi nous soutenons la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé d’un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis d’un allaitement poursuivi en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus.

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