Contractions pendant la grossesse : comment distinguer les vraies des fausses ?

Les contractions de travail, qui agissent sur le col de l’utérus, sont l’un des signes que le corps se prépare à​​ l’accouchement. Cependant, il est possible de ressentir durant sa grossesse (et plus fréquemment au 2e et 3e trimestre) des « fausses » contractions, appelées aussi contractions de Braxton-Hicks qui ne marquent pas le début du travail[1].

Comment les différencier ? Que faire lorsque les contractions commencent et comment les soulager ? Quand se rendre à la maternité ? Voici les informations principales à retenir sur les contractions utérines.

Cet article a pour objectif de vous informer mais ne remplace pas un avis médical. Au moindre doute, prenez RDV rapidement auprès d'un professionnel de santé.

Qu’est-ce qu’une contraction pendant la grossesse ?

Les types de contractions

Il existe différents types de contractions :

  • Les vraies contractions de travail[1]. Elles se produisent au début du travail et vont permettre au col de l’utérus de se dilater afin de laisser passer bébé  : les muscles de l’utérus se resserrent (contraction) puis se détendent à nouveau. Leur fonction principale est d'expulser le fœtus de la cavité utérine. Elles jouent également un rôle essentiel dans la réduction des hémorragies post-partum[2].
  • Les contractions de Braxton Hicks. Contrairement aux vraies contractions de travail, les contractions de Braxton Hicks n’agissent pas sur le col de l’utérus et ne marquent pas le début du travail[1].

Différencier les vraies des fausses contractions

Il est important de les différencier pour :

  • Ne pas s’inquiéter en cas de contractions avant le terme.
  • Comprendre ce qui est « normal » et ce qui doit alerter.
  • Reconnaître les signes de l’accouchement (prématuré ou à terme).

Les contractions de travail :

Elles sont :

  • Régulières et se rapprochent avec l’avancée du travail[1][3].
  • De plus en plus intenses (ou fortes) et douloureuses (la douleur pouvant aller du ventre jusqu’au dos, selon la position du fœtus)[1][3].
  • De plus en plus longues[1]
  • Persistent malgré le repos et la détente (bain, relaxation…)[1][3].

Ces contractions entraînent des modifications du col utérin qui se dilate généralement d’environ 1 cm par heure, jusqu’à ouverture complète (10 cm)[3].

Les contractions de Braxton Hicks.

  • Elles sont irrégulières (en termes de durée, de fréquence, et d’intensité)[1].
  • Elles ne deviennent pas plus rapprochées, plus longues ou plus intenses[1].
  • Elles peuvent être inconfortables mais ne sont pas douloureuses[1].
  • Elles s’estompent avec le repos, le changement de position ou avec des techniques de relaxation[1].
  • Elles préparent le corps au travail mais ne signifient pas que le travail a commencé[1].
  • Certaines circonstances peuvent les déclencher : lorsque la femme est particulièrement active, lorsque la vessie est pleine, après une activité sexuelle[1].

Quand apparaissent les contractions ?

Contractions au premier trimestre

Il est possible de ressentir des contractions utérines assez tôt dans la grossesse. 

Les contractions de Braxton Hicks peuvent en effet apparaître dès la 6e semaine de grossesse (même si  elles ne sont généralement ressenties qu’aux 2e et 3e trimestres)[1].

Elles sont la plupart du temps légères et irrégulières et ne posent pas de problème.

Si au cours du 1er trimestre, vous éprouvez des contractions douloureuses et/ou intenses, ou en cas de doute ou d’inquiétude, parlez-en rapidement à votre médecin.

Contractions au deuxième trimestre

Il est tout à fait normal que quelques contractions légères puissent survenir au cours du deuxième trimestre de la grossesse. Elles nécessitent cependant une attention particulière.

En cas de contractions utérines importantes, il est important de consulter votre sage-femme ou votre médecin[3] qui vous conseillera peut-être de vous reposer.

ZOOM SUR Le risque d’accouchement prématuré.

Une naissance est considérée comme ​​prématurée avant 37 semaines d’aménorrhée[4] (ou 35 semaines de grossesse). Avant ce terme, prenez un avis médical si :

  • Vous ressentez des contractions utérines (ventre qui se durcit) plusieurs fois par jour[3],
  • Vous avez des contractions régulières et rapprochées, avec ou sans douleur[3],
  • Vous avez l’impression que l’enfant est un peu bas (vous ressentez comme un poids, une pression dans le bas -ventre[3]).

Le diagnostic de risque d’accouchement prématuré pourra être posé par un médecin/une sage-femme à l’aide d’un monitoring et par l’évaluation de la longueur du col (grâce à un toucher vaginal ou une échographie). Un traitement sera peut-être proposé en fonction de la cause, pouvant aller du simple repos à domicile à l’hospitalisation en service de grossesse pathologique avec du repos et mise en place d’un traitement par perfusion[3]

Contractions au troisième trimestre

Lors du 3ème trimestre, les contractions sont un phénomène courant mais elles doivent rester peu douloureuses et peu fréquentes (< 10 par jour) avant le terme.[3]

Si les contractions deviennent plus longues, se rapprochent, et s’intensifient (en termes de douleurs), il peut s’agir du début du travail[3] ! 

Si elles sont régulières (au moins toutes les 5 minutes), rythmées et ne s’arrêtent pas… il est peut-être temps d’aller à la maternité[3] !

 

En cas de doute, parlez-en au médecin ou à la sage-femme qui vous suit.

Quand partir à la maternité ?

Contractions : quand se rendre à la maternité ?

Chaque grossesse est différente mais voici quelques indications. En cas de doute, appelez la maternité ou allez consulter.

  • Si c’est votre 1er bébé : attendez que les contractions soient régulières, rythmées et d’intensité croissante. Laissez passer 1h30 à 2h de contractions régulières (toutes les 5 minutes) avant de vous rendre à la maternité[3].
  • Si c’est votre 2e ou 3e accouchement et que vous avez déjà accouché rapidement, même en cas de contractions irrégulières, n’attendez pas[3] ! 

Autres signes à surveiller

​​​Quels sont les signes que l'accouchement est proche ?

  • Perte du bouchon muqueux : la perte du bouchon muqueux peut avoir lieu bien avant l’accouchement et n’est pas forcément annonciatrice du début du travail. Cependant, elle montre que le col commence à s’ouvrir et que le corps se prépare à l’accouchement. Restez attentive aux autres signes et prenez un avis médical en contactant votre maternité.
  • Perte des eaux : en cas de pertes des eaux (perte du liquide amniotique suite à la rupture de la poche des eaux) et même sans contractions associées, il faut se rendre à l’hôpital. En effet, lorsque la poche est rompue, le bébé n’est plus protégé contre les infections. Si le travail ne se déclenche pas spontanément, un déclenchement pourra être nécessaire pour éviter tout risque d’infection.[3]
  • Saignements : en-dehors de toute pathologie, des saignements de faible abondance, rosés et sans autre symptôme anormal peuvent survenir (après un toucher vaginal par exemple) sans que cela ne soit inquiétant. En revanche, en cas de saignement vaginal de sang rouge ou de caillots plus foncés, consultez sans attendre[3] !
  • Diminution des mouvements de bébé : si les mouvements du bébé sont moins fréquents que d’habitude, n’hésitez pas à vous rendre à la maternité pour écouter les battements du coeur[1].

ZOOM sur LE FAUX TRAVAIL

Il arrive parfois d’avoir des contractions régulières, douloureuses, avec parfois même de légères modifications du col qui sont pourtant un « faux travail » ou « faux début de travail ». Le « vrai travail » provoque des modifications du col de l’utérus franches et répétées[3]

Soulager les contractions pendant la grossesse

Gérer les contractions de Braxton Hicks

En cas de contractions de Braxton Hicks, il n'existe pas de traitement médical spécifique. Cependant, certaines actions peuvent soulager les contractions : 

  • Changer de position ou d'activité : en cas d’activité intense, il est conseillé de se reposer. A l’inverse, si vous êtes restée assise trop longtemps, vous pouvez vous étirer, sortir faire une promenade, exercer un peu d’activité physique adaptée à la grossesse[1] s’il n’y a aucune contre-indications médicales.
  • Se détendre et se relaxer : pourquoi ne pas essayer de prendre un bain chaud (si vous n’avez pas perdu les eaux), de lire, d’écouter de la musique, de pratiquer des exercices de respiration ou de faire une sieste[1] ?
  • Boire de l’eau pour se réhydrater[1].

Si ces actions ne réduisent pas les contractions ou si elles deviennent plus fréquentes ou plus intenses, vous devez contacter un professionnel de santé[1].

Gérer les douleurs pendant le travail ou l’accouchement

  • A chaque femme, sa technique ! Respirer, s’étirer, se faire masser, changer de position, effectuer des exercices à l’aide d’un ballon de grossesse… A vous de voir ce qui vous soulage ! Tentez de vous rappeler de ce qui vous a été présenté lors des cours de préparation à l’accouchement si vous les avez réalisés.
  • Les méthodes alternatives : certaines méthodes, telles que la relaxation, la sophrologie, le yoga, la méditation ou encore l’hypnose peuvent vous aider à mieux gérer la douleur. N’hésitez pas à en parler à votre partenaire et/ou à l’équipe soignante[5].
  • La péridurale : si vous le souhaitez et après avis médical (lors de la consultation d'anesthésie qui a souvent lieu autour du 8ème mois) et en fonction de l’avancement du travail , vous pourrez demander une péridurale, technique d’anesthésie, qui permet de supprimer ou réduire la douleur provoquée par les contractions[6].

Contractions et grossesse : questions fréquentes

Fausses contractions : combien de temps avant l’accouchement peuvent-elles survenir ?

Elles peuvent survenir dès la 6e semaine de grossesse même si la plupart des femmes ne les ressentent qu’au 2e voire 3e trimestre[1]. Parfois, lorsqu’elles surviennent près de la date de terme, elles sont confondues avec le début du travail réel (notamment lorsqu’il s’agit d’une première grossesse).

Quel impact ont les contractions sur la grossesse et le bébé ?

Il est difficile de savoir ce que ressentent exactement les bébés au moment de leur naissance. L’équipe médicale dispose de plusieurs critères (couleur du liquide amniotique, rythme cardiaque fœtal) pour évaluer la tolérance du fœtus aux contractions pendant le travail et l’accouchement. Dans tous les cas, pas d’inquiétude ! Vos gestes, paroles, câlins, ... pourront rassurer et apaiser votre bébé, une fois dans vos bras[7].

Fausse contraction : quand faut-il s’inquiéter ?

Les « fausses » contractions, appelées contractions de Braxton Hicks sont un phénomène normal pendant la grossesse et peuvent même survenir dès la 6e semaine de grossesse. Elles peuvent être inconfortables, mais ne sont pas douloureuses[1]

Consultez un professionnel en cas de fortes douleurs ou d’autres signes associés (fièvre, saignements, …).

Combien de temps durent les fausses contractions ?

Les contractions de Braxton Hicks sont imprévisibles. Elles peuvent durer moins de 30 secondes ou jusqu'à 2 minutes. Irrégulières, elles ne se rapprochent pas avec le temps[1].

Où se situent les contractions en début de grossesse ?

Les contractions de Braxton Hicks sont souvent ressenties uniquement à l’avant de l’abdomen ou dans une zone spécifique[1].

Monitoring de grossesse : à quoi sert-il pour surveiller les contractions ?

Le monitoring fœtal externe (ou cardiotocographe externe) permet d’enregistrer à la fois le rythme cardiaque du bébé et les contractions de l'utérus. Il permet ainsi de vérifier le bien-être du bébé (son rythme cardiaque est bon, il supporte bien les contractions utérines) et l’activité utérine.

 

 

Les contractions font partie intégrante de la grossesse. Savoir reconnaître et différencier les fausses des vraies contractions est essentiel. En cas de doutes ou de douleurs inhabituelles, ne pas hésiter à consulter ou demander un avis médical.

En lire plus

mom and baby

Besoin d’un conseil, d’une écoute ?

Notre équipe d’experts de la petite enfance est à votre disposition jour et nuit que ce soit pour parler allaitement, produits , nutrition, parentalité …..

*Service et appel gratuits en France hors collectivités d'Outre-Mer​

**du lundi au vendredi de 9h à 19h et samedi de 9h à 18h

Nous sommes là pour vous à chaque étape

En tant que parents, les choix que vous faites pour l’alimentation de votre enfant vous appartiennent. Le lait maternel est ce qu’il y a de mieux et apporte tous les bienfaits dont votre bébé a besoin pour bien grandir. C’est pourquoi nous soutenons la recommandation de l’OMS* d’un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis d’un allaitement poursuivi en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus. Une alimentation saine et équilibrée est également très importante pendant l’allaitement. Cependant, nous comprenons que pour certains parents, l’allaitement n’est pas toujours possible ou que le choix du biberon est une préférence. Que vous envisagiez de nourrir votre bébé exclusivement au biberon ou en complément de l’allaitement, discutez-en d’abord avec un professionnel de santé. 

*Organisation Mondiale de la Santé

x