A qui en parler ?
Pour limiter les difficultés évoquées ci-dessus, il est primordial de pouvoir s’exprimer sur le vécu de cette fausse couche, autant dans sa tête que dans son corps.
Comme dans n’importe quel deuil, s’autoriser à exprimer ses émotions, à pleurer et à en parler avec sa propre mère par exemple ou avec des proches de confiance, permet de rompre l’isolement qui dessert ce processus. Les fausses couches touchant un grand nombre de parents, il y a fort à parier que vous découvriez que d’autres personnes de votre entourage ont également traversé cette épreuve périnatale avant de réussir à avoir un bébé.
Échanger avec des personnes qui ont vécu la même chose peut être un vrai soutien, mais cela est parfois plus facile avec des inconnus. Les groupes d’échanges sont donc une option très intéressante, d’autant qu’ils sont aujourd’hui facilement et rapidement accessibles grâce aux différents formats possibles : physiques (groupe de paroles) ou numériques (forum de discussion, groupe de paroles en visio, …).
Il est également impératif de s’entourer de professionnels de santé à qui poser vos questions et confier vos inquiétudes, notamment en cas de symptômes suspects. Ils sauront vous rassurer sur votre santé et adapter le suivi des grossesses futures (pour notamment vous aider à passer la fenêtre temporelle qui vous inquiète). Ils pourront également vous renseigner sur les dispositions mises en place récemment dans le cadre de la loi du 7 juillet 2023, visant à favoriser l'accompagnement des couples confrontés à une interruption spontanée de grossesse. La principale mesure est de favoriser l’accès à l’accompagnement par un psychologue.
Le psychologue est un spécialiste de la santé mentale que chaque personne peut avoir besoin à un (ou plusieurs) moment(s) de sa vie de consulter. Il offre un accompagnement qui est le plus souvent ponctuel, durant quelques semaines ou quelques mois. Il propose un espace et un soutien permettant de penser à l’écart du quotidien, afin d’avancer dans votre deuil périnatal, d’élaborer votre parentalité ou encore de traiter votre traumatisme.
Pour conclure
Si dans notre société, le sujet de la fausse couche reste encore tabou, la parole tend à se libérer pour faire évoluer l’accompagnement des parents qui connaissent malheureusement cette situation. La loi du 7 juillet 2023 met en lumière l’importance de la prise en considération de l’impact de cet événement dans la vie des parents et de la mise en place d’accompagnements spécifiques pour soulager les bouleversements psychiques qu’il engendre.