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Le système immunitaire et l'alimentation de votre bébé

Nathalie MACORANO, diététicienne-nutritionniste et maman de 2 enfants, vous explique comment l'alimentation soutient le système...

Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast accompagné de Nathalie MACORANO, diététicienne-nutritionniste et maman de 2 enfants ! Il est normal que les parents s’inquiètent de la santé de leur bébé, d’autant plus en cette période de pandémie où les questions affluent : comment protéger mon bébé ? comment constituer son capital santé ? Nathalie nous aide aujourd’hui à mieux comprendre comment fonctionne le système immunitaire et le rôle que joue l’alimentation dans la protection de votre bébé.

En cette période de pandémie de coronavirus, on parle beaucoup de système immunitaire, mais de quoi s’agit-il ?

Bonjour ! En effet en cette période de COVID-19 on parle beaucoup de système immunitaire. Le système immunitaire, c’est quoi ? C’est un système de protection et de défense de l’organisme qui nous protège des agressions extérieures et notamment des infections qui sont causées par des virus, par exemple comme la COVID-19.

Il faut savoir qu’il y a deux types de mécanismes dans ce système immunitaire. Il y en a un qui est plutôt simple, dit « inné », il s’agit de toute une batterie de défenses, de barrières ou de réactions immédiates qui ne vont pas être spécifiques de l’agent pathogène. Par exemple, la peau est une première barrière qui va empêcher les bactéries de rentrer dans l’organisme.

Et puis il y a un deuxième type de mécanisme, dit « spécifique ». Lui, plus complexe, fonctionne avec des systèmes de reconnaissance et de mémoire. On a tous entendu parler des anticorps ou des vaccins, ça fait appel à ce système immunitaire dit « spécifique ». Le système immunitaire c’est aussi un ensemble d’organes, de tissus, de molécules qui sont interconnectées et qui vont du coup agir entres elles pour venir défendre le corps.

Saviez-vous que 70 à 80% des cellules du système immunitaire se situent dans l’intestin ? C’est en fait assez logique quand on y pense parce que l’intestin c’est une énorme surface avec l’extérieur, on dit que si on dépliait l’intestin d’un adulte, si on dépliait toutes ses villosités, on arriverait à une surface d’un terrain de badminton. Vous imaginez, donc vraiment une fenêtre très large vers l’extérieur et donc un risque d’agression et de laisser rentrer des pathogènes par l’intestin.

C’est donc pour cela aussi que l’intestin regroupe 70 à 80% des cellules du système immunitaire. Donc système immunitaire et intestin sont vraiment très liés.

L’intestin et le système immunitaire sont donc intimement liés, est-ce la raison pour laquelle nous entendons autant parler du microbiote intestinal ?

Le microbiote intestinal est vraiment au cœur de beaucoup de communications, à la fois pour le grand public et puis aussi pour les chercheurs, la communauté scientifique, parce que c’est au cœur de nombreuses recherches scientifiques. C’est un organe qui est assez surprenant et qui est très important pour l’organisme.

Il faut se souvenir que le microbiote intestinal c’est en fait l’ensemble des bonnes et des mauvaises bactéries, ou des bactéries qui sont potentiellement pathogènes, et cet ensemble vit en équilibre. C’est 100 000 milliards de bactéries qui vont vivre en communauté dans notre intestin. Cette communauté elle doit être équilibrée car elle a des fonctions importantes pour l’organisme. Elle joue des rôles qui sont clés d’un point de vue nutrition, maturation de l’intestin et aussi système immunitaire.

Je vous le disais, dans l’intestin on retrouve 70 à 80% des cellules du système immunitaire et ces cellules vont aussi interagir avec le microbiote intestinal. Le microbiote intestinal va également produire, par exemple, des nutriments ou des molécules, qui vont venir agir sur le système immunitaire.

Donc le microbiote intestinal c’est un organe qui est assez fascinant et qui va avoir des conséquences et des interactions sur la santé de l’Homme, de manière multiple. C’est pour cela que lorsqu’on parle d’infection immunitaire, souvent on parle de microbiote en se disant que si on a des bonnes conditions au niveau notamment de notre alimentation en ayant un microbiote intestinal bien équilibré, on accompagne aussi un bon fonctionnement du système immunitaire.

Et donc Nathalie, est ce qu’on peut réellement booster son système immunitaire grâce à l’alimentation ?

C’est une excellente question et je pense qu’en cette période de COVID-19, on se pose toutes et tous la question de comment est-ce qu’on peut booster son système immunitaire. C’est une excellente question mais elle n’est pas simple parce qu’effectivement, pour bien fonctionner, le système immunitaire a besoin de ressources. Il a besoin d’énergie et de vitamines et minéraux pour son fonctionnement, pour que les mécanismes fonctionnent bien. Il a besoin également de « bloc de construction », comme des acides aminés, pour pouvoir créer, renouveler, entretenir ces cellules, ces médiateurs, donc il est important pour que le système immunitaire fonctionne bien que l’être humain soit bien nourri, avec une alimentation variée et équilibrée qui lui permette d’apporter de l’énergie mais aussi l’ensemble des nutriments nécessaires au bon fonctionnement du système immunitaire.

C’est donc par une alimentation variée et équilibrée que l’on va agir et que l’on va apporter l’ensemble des nutriments qui sont importants pour le fonctionnement du système immunitaire. Et puis on peut aussi apporter des nutriments pour agir de manière indirecte, par exemple en accompagnant le microbiote intestinal à être dans de bonnes conditions.

On peut apporter, par exemple, des fibres FOS/GOS ou du lactose qui vont avoir un effet sur le développement des bonnes bactéries et donc aussi permettre d’avoir un microbiote en bonne santé et donc permettre un bon fonctionnement du système immunitaire.

Ce qu’il faut retenir c’est que pour booster, ce n’est pas vraiment booster, mais pour que le système immunitaire fonctionne bien il faut avoir une alimentation variée et équilibrée pour permettre d’apporter des nutriments spécifiques.

On retiendra notamment l’importance des vitamines A, C et D, du zinc ou encore de certains acides gras pour aider le bon fonctionnement du système immunitaire. Après est-ce qu’on peut faire encore mieux ? Je vais prendre un peu l’exemple d’une voiture : pour bien fonctionner, il lui faut de l’essence, que votre réservoir soit à moitié ou plein, tant qu’il a l’essence (les bons nutriments et l’énergie) pour fonctionner, ça va fonctionner.

Cela ne sert à rien de rajouter en plus de l’essence, au point de faire déborder le réservoir. Cela ne fera pas mieux fonctionner la voiture. Par contre, si vous n’avez plus d’essence, là on n’en fera rien. Pour le système immunitaire c’est pareil, c’est pour cela qu’on parlera d’alimentation variée et équilibrée, pour s’assurer vraiment d’apporter l’ensemble des vitamines, minéraux et nutriments. Ajouter en plus ne boostera pas le système immunitaire (supplémentation ou autre).

Sur quels nutriments devons-nous porter notre attention et dans quels aliments les trouver ?

Naturellement, on se pose la question de choisir certains aliments ou certains nutriments de manière privilégié pour booster notre système immunitaire mais je vous rappelle que c’est vraiment une question d’équilibre et de variété au sens large de l’alimentation qui va être le facteur clé pour un bon fonctionnement du système immunitaire car cela va nous permettre d’avoir tout le panel des vitamines et minéraux nécessaire à son bon fonctionnement.

Il y a certains nutriments sur lesquels on peut faire un petit plus d’effort qui sont, par exemple, les vitamines A et les vitamines C. On les retrouvera essentiellement dans les fruits et légumes et pour vous donner quelques repères, la vitamine A on dit souvent qu’on la retrouve dans les fruits de couleur orange, comme les abricots, la mangue mais aussi les légumes tels que la carotte. Voilà des aliments qui sont aussi intéressant en tant que source de vitamine A.

Pour la vitamine C, vous la retrouverez beaucoup dans les agrumes, les fruits rouges qui vont être très porteurs de cette vitamine C mais aussi dans des légumes tels que la tomate ou le brocoli. Nos apports en fruits et légumes peuvent être variés. Pour la vitamine D, c’est un peu particulier parce qu’elle va être surtout synthétisée par votre peau. C’est en étant à l’extérieur, au contact du soleil, que la peau va venir synthétiser de la vitamine D. Pensez, bien sûr, toujours bien à vous protéger avec de la crème solaire.

C’est en ayant une hygiène de vie et une vie en extérieur que vous allez pouvoir porter le maximum de vitamines D. Certains aliments en contiennent mais sont plus rares dans notre alimentation. Par exemple : les huiles de poisson, les produits qui sont enrichis en vitamines D, tels que certains laits ou produits laitiers et certaines margarines. Après je voulais aussi vous parler de minéraux tels que le zinc ou le fer. Le zinc vous allez avoir de bonnes sources de zinc dans les viandes de bœuf, de poulet et aussi dans les poissons ou les produits de la mer, tels que les huitres ou les crevettes.

Les produits laitiers sont aussi de bonnes sources de zinc. Pour le fer, un minéral qui est important dans le fonctionnement du système immunitaire. Vous avez du fer plutôt d’origine animale dans les produits de la mer, le thon, les huitres, le maquereau, dans les viandes aussi comme le bœuf ou le porc et également dans les œufs.

Sur le fer plutôt d’origine végétale, on le retrouvera dans les légumineuses tels que les lentilles, les haricots secs, les fruits à coque (noisettes, amandes) et puis dans les graines, certains légumes aussi tels que l’asperge ou les épinards.

Vous voyez donc qu’en ayant tout un répertoire/panel alimentaire varié, notamment au niveau des fruits, légumes, des légumineuses, des oléagineux ça permet vraiment de couvrir et d’avoir des apports de nutriments importants pour booster son système immunitaire. La règle donc c’est vraiment d’avoir une alimentation variée et équilibrée !

Pouvez-vous nous parler tout particulièrement du système immunitaire du nourrisson ?

Comme pour beaucoup d’organes et de fonctions, le système immunitaire du nouveau-né n’est pas encore mature et il va se construire dans les premiers mois, les premières années de l’enfant. In-utero, dans le ventre de la maman, le nourrisson-fœtus va être protégé par le système immunitaire de la maman et à la naissance ce système immunitaire va être encore immature, un peu inactif. Il va avoir un répertoire immunologique quasiment vierge et ça va être en étant au contact de l’extérieur qu’il va se construire son répertoire immunologique. De la même manière que le système immunitaire se met en place, en parallèle, c’est le cas aussi du microbiote intestinal et donc celui-ci va se mettre en place lors de l’accouchement et lorsqu’il va commencer à avoir des contacts avec la peau de la maman, avec l’extérieur.

Donc c’est une période où l’enfant est extrêmement fragile. Il y a un risque accru d’infection puisque le système immunitaire se met tranquillement en place donc il est important pour le nouveau-né de vraiment être vigilant et de l’accompagner pour une bonne mise en place de son microbiote intestinal et de son système immunitaire et l’un des facteurs clés va être l’allaitement maternel.

On comprend donc bien que l’allaitement maternel est un soutien en or pour l’immunité des bébés. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

L’allaitement maternel est complètement adapté à chaque enfant. Le lait maternel a une structure complexe et très riche d’un point de vue nutritionnel mais aussi d’un point de vue immunologique.

C’est effectivement un soutien en or pour l’immunité de bébé puisque via le lait maternel, dans les premières semaines, la maman va continuer à transmettre ses anticorps à son bébé, donc ça va venir le protéger le temps que le système immunitaire du nourrisson se mette en place et puis en plus d’un point de vue des nutriments le lait maternel va venir fournir des nutriments clés pour mettre en place son système immunitaire, de la vitamine C, D, de la lactoferrine, des fibres, des oligosaccharides.

C’est vraiment une matrice nutritionnelle qui est extrêmement riche pour permettre à l’enfant de mettre en place son microbiote intestinal et son système immunitaire. Il y a de nombreuses molécules qui passent grâce au lait maternel.

Quand on ne peut pas ou ne souhaite pas allaiter comment les préparations infantiles contribuent-elles au développement du système immunitaire ?

Vous avez raison certaines mamans ne peuvent pas ou ne souhaitent pas allaiter leur enfant, donc comment les préparations infantiles contribuent au bon fonctionnement du système immunitaire, c’est une question intéressante.

Il faut savoir que toutes les formules infantiles sont régies par une réglementation spécifique qui permet de cadrer leur composition en énergie et en nutriments pour permettre de répondre aux besoins nutritionnels des nourrissons. Des besoins qui sont associés à une bonne croissance et à un bon développement du nourrisson, à la fois développement en termes de croissance mais aussi en terme neurologique, du système immunitaire, de maturation de ses organes et de ses fonctions.

Les formules infantiles sont enrichies en nutriments, par exemple, en vitamines D, C, en fer ou encore en zinc. C’est très codifié d’un point de vue réglementaire. Certaines formules vont apporter en plus des nutriments qui vont venir aider à la maturation ou au fonctionnement du microbiote ou du système immunitaire, par exemple, on a dans la littérature des études qui vont montrer qu’une formule infantile, par exemple pour des enfants de 1 à 3 ans, qui va être enrichie en fibres et en DHA (un acide gras poly-insaturé), les enfants nourris avec cette formule de croissance vont avoir un risque d’infection inférieur à des enfants nourris avec une formule classique.

Il y a une diminution des infections au moment de l’entrée en collectivité. Cela montre vraiment qu’en apportant certains nutriments on peut favoriser des bonnes conditions pour mieux se défendre contre les infections chez les enfants un peu plus âgés. Cela dit, le lait maternel reste vraiment l’aliment idéal puisqu’il est produit de manière personnalisée pour chaque enfant et il contient, à la fois d’un point de vue nutritionnel et immunitaire, l’ensemble des molécules nécessaires au nourrisson.

Quels conseils pouvez-vous nous donner une fois la diversification alimentaire débutée ?

Une fois que l’enfant commence à être diversifié, c’est-à-dire qu’à partir de 4-6 mois, sous les recommandations du pédiatre, on va pouvoir commencer à introduire de nouveaux aliments en plus du lait maternel. On commence généralement par les légumes puis par les fruits et ensuite par les autres catégories d’aliment.

Une fois que l’enfant est diversifié, on va apporter des vitamines et minéraux, et l’ensemble des nutriments, aussi par ces nouveaux aliments. Je vous le disais tout à l’heure, les fruits et légumes est une catégorie très riche et qui va apporter vitamines et minéraux qui vont jouer un rôle important dans le système immunitaire et donc pour bien donner de bonnes bases à l’enfant, ça va être important, même s’ils en consomment de petites quantités, de bien varier et de bien diversifier les fruits et légumes, par exemple, qu’on lui propose, pour être sur d’apporter aussi par cette alimentation diversifiée une variété de vitamines et minéraux qui vont jouer un rôle clé dans le bon fonctionnement du système immunitaire.

Chez l’enfant entre 6 et 12 mois, le lait maternel ou la formule infantile, reste quand même le pilier de l’alimentation et donc une grande partie de l’énergie et des nutriments vont être aussi apporter encore par ce biais.

Pour conclure ce podcast, est-ce que vous pouvez partager aux parents qui nous écoutent, quelques conseils simples pour aider à soutenir le bon fonctionnement immunitaire de leur enfant ?

Oui je pense qu’il y a des conseils simples que l’on peut donner aux parents pour les aider à soutenir le bon fonctionnement immunitaire de leur enfant. Le premier c’est que, lorsque cela est possible et si la maman en a envie, d’allaiter le plus longtemps possible.

Ensuite, de bien penser/veiller à varier les apports alimentaires de son enfant une fois qu’il commence à être diversifié pour lui donner des bonnes bases d’une alimentation équilibrée et variée, notamment au niveau des fruits et légumes et de l’apport des protéines animales/végétales. De lui faire découvrir l’ensemble de la palette de goûts, pour vraiment lui donner de bonnes bases et aussi lui apporter une variété de vitamines et minéraux qui vont jouer un rôle clé dans le bon développement immunitaire de l’enfant. Et puis au-delà de la nutrition, il y a aussi avoir une bonne hygiène de vie, faire des promenades en extérieur.

Quand l’enfant est un peu plus grand, faire de l’activité physique, jouer avec lui, penser à bien l’hydrater. Voilà ce sont des éléments simples mais importants de rappeler. Puis pour les adultes, ne pas oublier qu’en ayant une hygiène de vie plus saine ça passe par ne pas fumer, limiter le stress, la consommation d’alcool, faire régulièrement de l’activité physique…

Ce sont des conditions qui vont aider l’organisme à bien se défendre. Puis dans cette période toute particulière avec la COVID-19, je voudrais insister aussi sur l’importance pour les jeunes parents de ne pas repousser la vaccination des nourrissons et jeunes enfants. Il est important de respecter le calendrier vaccinal, de penser au côté « manger équilibré et varié » et puis de continuer à inculquer et poursuivre les gestes barrières en se lavant les mains très régulièrement au savon et puis de garder les distances avec les personnes les plus fragiles afin que l’on puisse tous se protéger.

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