6 semaines de grossesse​ (8 SA) : ce qui vous attend

Vous entamez votre 6ᵉ semaine de grossesse (6 SG), soit 8 semaines d’aménorrhée (8 SA). Vous êtes donc dans votre 2e mois de grossesse.

C’est une étape clé du premier trimestre : votre bébé se développe à toute vitesse, pendant que votre corps commence à s’adapter à cette nouvelle vie qui s’installe. Bien que rien ne soit encore visible à l’extérieur, à l’intérieur, les changements sont spectaculaires.

Cet article vous résume tout ce qu’il faut savoir à ce stade : le développement de votre bébé, les évolutions de votre corps, les examens médicaux à prévoir et les démarches à anticiper. Nous évoquerons également les grossesses gémellaires, souvent source de nombreuses questions à ce moment précis, notamment concernant la taille du ventre ou les signes précoces de grossesse[1].

Cet article a pour objectif de vous informer mais ne remplace pas un avis médical. Au moindre doute, prenez RDV rapidement auprès d'un professionnel de santé.

Où en est le développement de bébé à 6 semaines de grossesse ?

Votre bébé fait environ

la taille d'un haricot rouge

Sa taille

Environ 15 millimètres

Son poids

Environ 1,7g

Taille et poids estimés : votre bébé mesure environ 15 millimètres et pèse 1,7 gramme. Il a la taille d’un haricot rouge[2].

Évolution des organes : à 6 semaines de grossesse, le cœur bat déjà régulièrement et propulse le sang dans tout le petit organisme. Les principaux organes continuent à se former : le foie, les reins, le pancréas et l’estomac[3]. Vers 8 semaines d’aménorrhée, il devient possible de distinguer le pôle céphalique (la tête) et les ébauches des membres, tandis que la vésicule ombilicale (ou vitelline) est toujours visible et que le volume du sac gestationnel s’accroît[4]. Sur le visage, les futures cavités des yeux, du nez et de la bouche commencent à se dessiner, tandis que les bras et jambes continuent leur formation avec l’apparition de petits bourgeons à leur extrémité qui formeront les doigts et les orteils[5].

Gestes et réflexes : bien qu’invisibles à l’œil nu, de minuscules mouvements réflexes apparaissent[3]. Ce sont de légères contractions musculaires involontaires, signe que le système nerveux débute son activité. L’embryon commence ainsi à s’animer doucement, même si ces mouvements ne sont pas encore perceptibles par la maman[2].

Ce que vous pourriez ressentir : à 8 semaines d’aménorrhée, il est trop tôt pour sentir votre bébé bouger. Les premiers mouvements perceptibles par la future maman apparaissent généralement entre la 16ᵉ et la 20ᵉ semaine d’aménorrhée[1]. Si vous ne sentez rien, c’est donc tout à fait normal ! 

À quoi ressemble votre ventre à 6 semaines de grossesse ?

Un ventre encore invisible

À 6 semaines de grossesse (8 SA), votre ventre n’a généralement pas encore changé d’aspect. L’embryon est encore minuscule et l’utérus, bien que déjà en croissance, reste entièrement contenu dans le bassin[5]

Vous ne verrez donc pas encore de petit arrondi, mais il est fréquent de ressentir un léger gonflement. Ce n’est pas l’utérus que vous sentez, mais plutôt un ballonnement digestif lié aux hormones de grossesse (notamment la progestérone) qui ralentissent le transit[5]. Ce phénomène, courant dès les premières semaines, peut donner l’impression d’avoir déjà un petit ventre.

Certaines femmes décrivent aussi une sensation de tiraillement ou de lourdeur au bas-ventre, comme avant les règles. Ces sensations sont normales : elles traduisent simplement la mise en place de la grossesse et les changements en cours dans votre corps[5].

La prise de poids à ce stade 

À 8 semaines d’aménorrhée, la prise de poids est généralement quasi nulle, voire inexistante. Certaines femmes peuvent même avoir perdu un peu de poids en raison des nausées ou de la fatigue. D’autres remarquent un très léger gain (de l’ordre de quelques centaines de grammes) lié à la rétention d’eau et aux modifications hormonales[1].

Il n’existe pas de « norme » de prise de poids stricte à ce stade : chaque femme réagit différemment. L’essentiel est de manger équilibré et d’écouter ses besoins. Si vous avez des nausées, il est tout à fait acceptable de privilégier les aliments que vous tolérez le mieux, en petites quantités.

Les mensurations (tour de taille ou hauteur utérine) ne sont pas encore utiles à 6 SG. La hauteur utérine, c’est-à-dire la distance entre l’os du pubis et le sommet de l’utérus, ne commence à être mesurée par le professionnel de santé qu’à partir du quatrième mois de grossesse, lorsque l’utérus sort du bassin et devient palpable[1].

Le ventre en cas de grossesse gémellaire

C’est une question très fréquente à ce stade : « Si j’attends des jumeaux, vais-je avoir un ventre plus rond plus tôt ? »

La réponse est nuancée. À 6 semaines de grossesse, même en cas de grossesse gémellaire, le ventre n’est pas encore visible. Les deux embryons mesurent chacun à peine plus d’un centimètre[5].

Cependant, il arrive que certaines femmes ressentent leur ventre plus tendu ou plus gonflé, en raison d’un utérus légèrement plus volumineux ou d’une production hormonale plus importante. Ce ressenti peut être accentué si la future maman a déjà eu des enfants, car les muscles abdominaux sont alors plus souples[5].

En revanche, la différence visible entre une grossesse simple et une grossesse multiple ne se manifeste véritablement qu’à partir du deuxième trimestre, lorsque la croissance utérine s’accélère. D’ici là, tout est encore discret… même si beaucoup de choses se passent déjà à l’intérieur !

Quels symptômes à 8 semaines d’aménorrhée (6 SG) ?

Chaque grossesse est unique : certaines femmes ressentent déjà de nombreux signes physiques, d’autres au contraire très peu. À 6 semaines de grossesse, le corps commence à s’adapter à la présence de l’embryon et aux hormones sécrétées pour soutenir son développement. Ces bouleversements peuvent s’accompagner de divers symptômes, plus ou moins marqués[1].

Les symptômes physiques les plus fréquents

La fatigue est sans doute le symptôme le plus courant à ce stade. Votre organisme travaille intensément pour créer le placenta et répondre aux besoins croissants de votre bébé[5]. Si vous vous sentez épuisée, ne vous inquiétez pas : ce ralentissement est naturel. Accordez-vous des moments de repos dès que possible, et n’hésitez pas à adapter votre rythme de vie.

Les nausées et parfois les vomissements peuvent aussi apparaître ou s’intensifier. Ces sensations surviennent souvent le matin, mais peuvent se manifester à tout moment de la journée. Dans la plupart des cas, elles disparaissent progressivement autour du 3ᵉ mois de grossesse[5]. Si elles deviennent trop gênantes, un avis médical est recommandé afin d’envisager des mesures diététiques ou, si besoin, un traitement adapté.

Vous pouvez également ressentir des troubles digestifs : ballonnements, constipation ou lourdeurs abdominales. Sous l’effet des hormones, le transit intestinal ralentit, et l’utérus qui grossit commence à exercer une légère pression sur les organes voisins[1].

Les changements corporels hors ventre

Même si le ventre reste discret, le reste du corps commence à changer. 

Les seins deviennent généralement plus gonflés, sensibles et tendus. Les aréoles peuvent s’assombrir et de petites veines bleutées apparaître sous la peau. C’est un signe que les glandes mammaires se préparent doucement à la future lactation.

Certaines femmes remarquent aussi un changement dans la texture de leur peau ou de leurs cheveux. Sous l’effet des hormones, la peau peut être plus éclatante, mais elle peut aussi être plus sensible, sujette à de petites imperfections[1].

Les modifications de l’odorat et du goût sont également typiques de ce début de grossesse : des odeurs familières deviennent soudain insupportables, ou au contraire attirantes. Ces réactions, souvent imprévisibles, sont liées à la sensibilité accrue du système olfactif[1]

Il n’est pas rare non plus de ressentir une légère congestion nasale ou un saignement de nez ponctuel : les muqueuses sont plus vascularisées sous l’effet des hormones, ce qui les rend plus fragiles[1].

Enfin, vous pouvez constater de petits changements d’appétit : fringales, aversions alimentaires ou envies soudaines de certains aliments. Ces variations sont normales et ne nécessitent pas de régime particulier, tant que l’alimentation reste équilibrée[1].

L’état émotionnel à 6 semaines de grossesse (6 SG)

Sur le plan émotionnel, la 6ᵉ semaine de grossesse est souvent un tourbillon de sentiments. Joie, excitation, peur, fatigue ou doute peuvent se succéder d’un jour à l’autre. Les hormones, en particulier la progestérone, jouent un rôle important dans ces variations d’humeur[1].

Il est aussi courant, à ce stade, de ressentir une certaine ambivalence : le bonheur d’être enceinte peut coexister avec des inquiétudes sur le déroulement de la grossesse ou la crainte d’une fausse couche. Ces émotions sont parfaitement normales et partagées par de nombreuses futures mamans[1].

Prendre le temps d’en parler avec votre partenaire, une sage-femme ou un médecin permet souvent de mieux vivre cette période de transition. 

Examens médicaux et démarches à prévoir à 6 semaines de grossesse (6 SG/8 SA)

L’échographie de datation : un premier grand rendez-vous

À 6 semaines de grossesse (8 SA), il peut être possible de faire une première échographie, dite échographie de datation. Elle nécessite une ordonnance, hormis si c’est votre gynécologue ou sage-femme qui la pratique. 

Cette échographie se réalise idéalement entre 7 et 9 semaines d’aménorrhée. Elle permet au professionnel de santé de vérifier la localisation de la grossesse (qu’elle soit bien implantée dans l’utérus), de confirmer la présence du sac gestationnel et de l’embryon et, dans de nombreux cas, de visualiser pour la première fois le battement du cœur de votre bébé. Une première datation de la conception est faite, afin d’estimer la date présumée d’accouchement.

L’examen se déroule le plus souvent par voie endovaginale, car cela permet une meilleure visualisation de l’embryon à ce stade très précoce. Cette technique est sans danger pour la maman comme pour le bébé. L’échographie par voie abdominale pourra être privilégiée un peu plus tard, lorsque l’utérus sera davantage remonté dans la cavité abdominale.

Même si cette échographie n’est pas obligatoire, elle peut être recommandée dans certaines situations (antécédents de fausse couche, grossesse extra-utérine, cycles irréguliers…). N’hésitez pas à en parler avec votre professionnel de santé.  

Les autres consultations et bilans possibles

Même si vous venez à peine de découvrir votre grossesse, il est déjà temps de penser à votre premier rendez-vous prénatal. Celui-ci peut être pris avec une sage-femme, un médecin généraliste ou un gynécologue-obstétricien. Cette première consultation a plusieurs objectifs[8] :

  • confirmer la grossesse,
  • prescrire les premiers examens sanguins (sérologies de la toxoplasmose, de la rubéole, du VIH, etc.),
  • vérifier votre groupe sanguin et rechercher la présence éventuelle d’anticorps,
  • et vous donner les premiers conseils d’hygiène de vie adaptés à la grossesse.

Selon votre situation (antécédents médicaux, âge, pathologies connues), votre professionnel de santé pourra recommander des examens complémentaires.

Les démarches administratives à anticiper

Même si la grossesse n’est encore qu’à ses débuts, certaines formalités administratives peuvent déjà être envisagées.

La déclaration officielle de grossesse doit être transmise avant la fin du troisième mois. Elle sera effectuée par votre professionnel de santé lors de la première consultation prénatale. Ce document, envoyé à votre Caisse d’Assurance Maladie et à votre Caisse d’allocations familiales (Caf), permet d’ouvrir vos droits aux prestations maternité et au suivi médical spécifique[9].

Il est également possible, dès maintenant, de réfléchir au choix de votre maternité. Certaines structures affichent des délais d’inscription rapides, surtout dans les grandes villes. S’informer tôt vous permettra de réserver une place dans l’établissement qui correspond le mieux à vos attentes et à votre lieu de vie[7].

Si vous êtes salariée, rien ne vous oblige à informer immédiatement votre employeur, mais lui annoncer votre grossesse au bon moment peut faciliter les aménagements de poste, les autorisations d’absence pour les examens médicaux et l’organisation de votre environnement professionnel. 

Conseils pour vivre au mieux votre 6e semaine de grossesse

Pour vivre au mieux votre 6ᵉ semaine de grossesse (8 SA), vous pouvez essayer de :

  • pratiquer une activité physique douce et adaptée, comme la marche ou le yoga prénatal. Même enceinte, il est recommandé de bouger et de rester active, si votre médecin ne vous a signalé aucune contre-indication médicale[8] ;
  • adopter une alimentation variée et équilibrée, bonne pour votre santé et celle de votre futur bébé[9]. Si les nausées sont présentes, mangez en petites quantités, évitez les aliments gras ou épicés et hydratez-vous régulièrement ;
  • vous octroyer des moments de repos : votre corps travaille énormément et la fatigue est fréquente à ce stade. N’hésitez pas à lever le pied et à faire des siestes si besoin ;
  • profiter de votre entourage et de ces premières semaines pour prendre soin de vous. Si vous êtes en forme, pourquoi ne pas prévoir une petite pause détente ou un week-end en amoureux ? ;
  • en cas de mal-être, de tristesse ou de grande fatigue, ne restez pas seule : parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme.

Questions fréquentes – Semaine 6 de grossesse (8 SA)

À combien de mois correspondent 8 semaines d’aménorrhée ?

8 semaines d’aménorrhée correspondent à 6 semaines de grossesse, soit environ 2 mois de grossesse[1].

Votre bébé mesure environ 1,5 cm et commence à former ses organes vitaux. Son cœur bat déjà, même si vous ne le sentez pas encore bouger[1].

Quelle taille fait l’embryon à 6 semaines de grossesse ?

À ce stade, votre bébé mesure entre 14 et 18 mm et pèse autour de 1,7 g. Il a la taille d’une myrtille[1] !

Quel est le risque de fausse couche à 6 semaines de grossesse ?

Le risque est encore présent en tout début de grossesse, mais la majorité des grossesses se poursuivent normalement. En cas de douleurs intenses ou de saignements rouges, consultez rapidement un professionnel de santé[3].

6 semaines de grossesse et plus de symptômes : faut-il s’inquiéter ?

Pas forcément. Les symptômes varient d’une femme à l’autre et peuvent même disparaître temporairement. Si vous avez un doute, n’hésitez pas à consulter pour être rassurée[1].

 

[1] « Le Grand livre de ma grossesse » par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens, Bernard Hédon, Edition Eyrolles, Nouvelle édition, 495 pages

[2] Santé.fr. Le calendrier de grossesse.

[3] mpedia. 2e mois, suivi de grossesse semaines après semaines.

[4] Hôpital Necker Enfants malades AP-HP. L’échographie : de mois en mois.

[5] Hôpitaux de Paris. Fille ou garçon ? Le développement des organes génitaux. Livret d’information.

[6] Dictionnaire médical de l’Académie de Médecine.

[7] Assurance Maladie. Grossesse : premiers signes et déroulement.

[8] Assurance Maladie. Grossesse : le programme de suivi et la première consultation.

[9] Assurance Maladie. Grossesse : démarches et accompagnement.

[10] Assurance Maladie. Pourquoi être active pendant sa grossesse ?

[11] Assurance Maladie. Adapter son alimentation pendant la grossesse.

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